L'Europe sans frontières

Crédits photo : Maria Tchobanov

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C'est le 20 octobre que la ligne d’arrivée a été franchie par la course internationale de cyclisme des sportifs invalides de Russie. L’événement à eu lieu près du quartier général de l'UNESCO. « L’Europe sans frontières » prenait son départ le 4 octobre dans la ville de Lipetsk, à environ 360 kilomètres au nord de Moscou.

Photos : Maria Tchobanov

Des objectifs ambitieux

La veille du départ, les participants de la course ont été reçus au Conseil de l'Europe à Strasbourg. Lors de cette rencontre, Alexeï Loginov, ancien militaire et responsable de la compétition, avait rappelé ses objectifs : « Nous sommes venus ici avec des propositions concrètes. Nous tentons de créer un réseau international d’entre-aide qui permettrait de favoriser l’échange de services mutuels entre des personnes de capacité réduite, dans différents pays et à des tarifs accessibles. Nous pensons aussi à la création d’une carte de réduction spéciale qui sera opérationnelle dans le monde entier, qui facilitera la mobilité des invalides et leur permettra de mener une vie plus active. »

Les concepteurs du projet ont d’autres idées : « L'année prochaine, nous envisageons un départ de Moscou avec une estafette Paralympique sur 4 mois qui intégrera tous les sports. Nous voulons terminer notre traversée à Londres, le jour de la clôture des jeux Olympiques. Elle passera par la Russie, l'Ukraine, la Biélorussie et par d’autres pays de l’ex-URSS et de l'Europe de l'Est en reliant les villes où étaient passés autrefois les Jeux olympiques et paralympiques. Nous voulons créer une vague à travers toute l'Europe pour que les gens se prennent conscience que les personnes handicapés sont des membres à part entière de notre société. Chacun de nous peut devenir invalide indépendamment de sa volonté », explique Alexeï Loginov.

Sans limites

Sur les deux semaines de course cycliste Lipetsk-Strasbourg-Paris, le groupe de sportifs-invalides de Russie a parcouru 3,5 mille kilomètres. La course était l’occasion pour certains d’un premier voyage à l'étranger. Les participants ont avoué d’avoir essuyé une fatigue psychologique et physique mais ils ont ressenti une chaleur humaine, un accueil et un fort soutien des adhérents tout le long du parcours qui passait par la Biélorussie, la Pologne, l'Allemagne et la France. Sur le parcours, les Russes ont été rejoints par des pelotons de différents pays européens. À Strasbourg, les cyclistes ont passé la frontière entre l'Allemagne et la France avec la participation des membres Paralympiques français. A Paris, ils étaient accompagnés par les membres du club de cyclisme Paris-Deauville.

Parmi les participants, un membre de la sélection paralympique russe, Nikolaï Orlov, alpiniste handicapé de la vue, membre de l'ascension sur l'Elbrous ainsi que de plusieurs sommets du Pamir, et Youri Boulanov, nageur à une main. L'équipe ne comptait qu’une seule femme : la nageuse Elena Okorotchkova, qui souffre d’une maladie grave du système nerveux, et deux participants de Tchétchènie étaient les footballeurs Alvi Bazourkaev et Adam Dachouev, qui ont tous deux des prothèses aux pieds. « Chez tous les participants, la préparation est différente. L'équipe a démontré que ce ne sont pas les aptitudes physiques mais bien la force morale qui prime et que les capacités humaines n’ont pas de limites », précise Kirill Klein, le médecin-professeur en chirurgie qui accompagnait l'équipe.

La course cycliste Lipetsk-Strasbourg-Paris a été organisée à l'initiative de diverses organisations russes pour les handicapés, avec l’appui de l’UNESCO et du Conseil de l'Europe.

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