Sibérie : stratégies gagnant-gagnant

Crédits photo : Lori/Legion Media

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Améliorer la production d'autobus, apprendre les techniques d’élevage d’oies pour la production du foie gras, soigner des patients à l'étranger : voilà ce que sont prêts à offrir à la ville de Kouzbass des managers étrangers qui viennent en Russie passer des formations issues du programme présidentiel de formation des cadres dirigeants.

Des managers étrangers viennent à Kouzbass pour entrer en contact avec les dirigeants des sociétés locales et donner un brun de passion sibérienne à leurs affaires. C’est la deuxième fois que des professionnels étrangers viennent dans la région de Kemerovo. Comme l’explique l’organisatrice des formations régionales de Kemerovo, Anjelika Veremeyenko, c’est ainsi qu’un consultant français en gestion, Stéphane Zolataryev, travaille depuis l’année dernière avec l’usine métallurgique de Misov. « Il a étudié les méthodes de management utilisées et a fait part de ses recommandations, précise Anjelika Veremeyenko.  Après seulement quelques mois, le retour a été très positif et Stéphane a reçu un accord de la part de clients américains pour passer une commande. Le volume de production a augmenté, assurant plus de travail aux employés ». En véritable Français, Stéphane Zolataryev a poussé les employés à réclamer l’amélioration de leurs conditions de travail et ceux-ci ont obtenu gain de cause.

Poids lourds et foie gras

Le deuxième groupe, composé de 9 managers, passera à Kouzbass seulement une semaine. Il leur faudra, sur cette période, acquérir des connaissances professionnelles. Ainsi, le manager d’une grande société qui gère la fabrication des poids lourds MAN Truck Bus Werner Stauffer prévoit l’amélioration de la fabrication des autobus dans la ville de Kouzbass, en utilisant la licence de la société.

La représentante de l’agence médicale de Berlin, Elisabeth van Zwol, est venue partager et échanger des expériences avec les médecins de la ville de Kouzbass. Elle a également proposé de soigner des patients russes en Allemagne. Bien évidemment, ces prestations ne seront pas gratuites.

Le collaborateur français de l’école supérieure de l’agriculture, de l’industrie alimentaire et du tourisme Jean-Marc Beil est prêt à vendre aux agriculteurs russes la technologie de fabrication du foie gras. En tant que leader sur ce marché, la France est considérée comme le meilleur fournisseur de foie gras. Les possibilités d’élevage d’oiseaux dans la ville de Kouzbass ont déjà été abordées par M. Beil, avec les exploitants agricoles locaux. Malgré les capacités, il est cependant évident qu’aucun agriculteur ne peut se spécialiser dans la production de foie gras, car l’élevage traditionnel d’oies par rapport à l’élevage de poules est très couteux. De plus, la demande n’est pas assez importante, le foie gras étant un produit fin et gastronomique.

Managers russes contre savoir-faire étranger

« Si des dirigeants russes ont envie de se former chez nos partenaires étrangers, ils passent des tests et des entretiens de sélection, explique Anjelika Vladimirovna, et il est possible pour eux d’intégrer une formation à l’étranger, à condition d’avoir une bonne connaissance de la langue du pays d’accueil et un projet solide de collaboration ». Selon Mme Veremeyenko, il existe actuellement, dans les pays occidentaux, un intérêt pour les formations dans le secteur des mines, avec déjà quelques projets de collaborations.

Les séjours des managers russes à l’étranger sont pris en charge par la partie qui reçoit. En Russie, les managers étrangers suivent des formations qui sont financées par le ministère de la croissance économique. En quinze ans d’existence du programme, environ cinq cents habitants de la ville de Kouzbass se sont rendus en Allemagne et en France, mais seulement deux cents managers étrangers sont venus en Russie. « Ils ont eu échos d’affaires qui ne marchent pas en Russie et d’investissements perdus, explique Hakim Dechimi, le représentant d’une entreprise allemande qui élabore des technologies de réparation de tuyauterie sans creuses des tranchées.  Mais je pense que ce sont des exceptions par rapport à des exemples positifs bien plus nombreux. Il est tout à fait possible de faire des affaires en Russie ! » Reste donc à espérer que le nombre de projets communs entre la ville de Kouzbass et les partenaires étrangers ne cessera d’augmenter.

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