Eurochem, prêt à racheter une partie des activités du groupe allemand BASF en Belgique et en France

Usine « Phosphorite » faisant partie de l'entreprise Eurochem. Crédits photo : Itar-Tass

Usine « Phosphorite » faisant partie de l'entreprise Eurochem. Crédits photo : Itar-Tass

La récession qui s’annonce a été décisive dans la décision finale prise par BASF, et a permis à Eurochem de conclure un accord à bas prix.

L’entreprise Eurochem, contrôlée par le magnat russe Andreï Melnitchenko a officiellement annoncé qu’elle allait acquérir toutes les activités d’engrais minéraux de BASF à Anvers (Belgique). Eurochem compte également racheter au groupe allemand sa participation de 50% dans la joint-venture PEC-Rhin à Ottmarsheim (France). Il s’agit d’une co-entreprise entre BASF et la société française GPN (filiale de Total).

Le montant de la transaction a été estimé à seulement 700 millions d’euros, alors que l’achat des actifs de BASF aurait pu atteindre les 950 millions d’euros, assure Konstantin Yuminov, analyste chez Reiffeisen Bank. Quant à Pavel Emeliantsev, spécialiste auprès d’Interfax, il pense que BASF aurait pu compter sur un bon bonus, en vendant ses activités pour 900 millions d’euros. Mais apparemment, côté allemand, la récession semble avoir eu un impact sur le bon déroulement des négociations, indique l’expert. La menace d’une crise de grande ampleur a incité BASF à effectuer rapidement le choix des acheteurs, explique une source, qui dispose d’informations détaillées.

Pour l’entreprise de Melnitchenko, cette transaction est, à tous les égards, une véritable aubaine. Cet achat permettra d’apporter une valeur additionnelle à l’entreprise, qui en 2014 pourra faire son introduction en bourse (IPO). Le volume de la production des sites vendus par BASF représente 2,5 millions de tonnes (dont les engrais minéraux). La production d’Eurochem en 2010 est de 7,2 millions de tonnes. Mais le vrai plus, c’est l’accès aux clients européens et à ses infrastructures. Anvers est d’ailleurs le cinquième plus grand port au monde, et le deuxième en Europe. C’est par lui que transitent la plupart des produits à destination du continent américain.

A l’avenir, et grâce à une logistique bien structurée, les usines seront capables de réduire les pertes liées à une baisse de la rentabilité, notamment causée par la hausse des prix du gaz, principale matière première du secteur industriel (actuellement près de 20% chez les producteurs d’engrais azotés).

« Cet accord donne l’accès à des clients phares, en plein coeur de l’Europe. En outre, les sites sont construits selon les technologies de BASF, de sorte qu’ils s’agit d’un réel accès aux technologies du groupe, et c’est une expérience unique », a déclaré le PDG d’Eurochem Dmitri Strejnev. 

Les parties prévoient de conclure la transaction fin mars 2012. D’ici là, elle devra encore être approuvée par le Service Fédéral Antimonopole russe (FAS), a souligné BASF. Il ne devrait pas y avoir de problèmes liés au paiement de ce rachat. En juillet, Eurochem a reçu un crédit syndiqué de 1,3 milliards de dollars.

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