Sortir des sentiers battus

Crédits photo : alamy/legion media

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« Hit Bag » contre un sac à dos, mini-jupe contre un jeans. La direction de la compagnie offre à ses employés, un séjour éco-touristique dans la Taïga afin d’améliorer l’esprit d’équipe.

Macha Guerassimova est de retour dans son appartement moscovite après deux semaines passées près du lac Baïkal. La direction du cabinet de conseil pour lequel elle travaille a offert à tous les employés un séjour éco-touristique dans la Taïga afin de renforcer l’esprit d’équipe. Pour rester dans le coup, Macha a troqué son « Hit Bag » contre un sac à dos, sa mini-jupe contre un jeans confortable, et son fond de teint contre une crème anti-moustique. Mais elle n’a pas pu abandonner ses chaussures à talons. Dans le fond de son sac, ses Manolo Blahnik l’ont accompagné sur les rives du Baïkal. À son retour à Moscou, tentant de se recoiffer, Macha déclare soudain, rêveuse: «  La prochaine fois, je m’envole pour le Kamtchatka... Et tu sais qui il y aura ? Que des brunes ! ».

Macha, sa collègue comptable, et une dizaine de spécialistes des ventes ont expérimenté le voyage à Tankhoï, dans la région de Kabansk, en Bouriatie. Un lieu qui fera bientôt partie de la « Grande Route du Baïkal », la seule éco-randonnée qui fait tout le tour du lac Baïkal, unifiant en une seule route plusieurs territoires protégés de la région du lac Baïkal.

Les bénévoles et le personnel de la réserve du Baïkal ont déjà équipé, par leurs propres moyens, près de deux cent mètres de sentier adaptés aux personnes en fauteuil roulant (et même à celles chaussées de talons aiguilles, qui sait ?). Dans l’avenir, le sentier devrait atteindre 2,5 kilomètres. Mais quand ? Pour le moment, personne n’en sait rien. Les financements publics dans ce domaine n’en sont encore qu’à leurs débuts. Lors d’un récent sommet interministériel, Vladimir Poutine a décidé de soutenir le financement complet des programmes d’installation des zones protégées pour la période de 2013 à 2020, sélectionnant 12 territoires prioritaires, dont 10 réserves natu­relles et 2 parcs nationaux. Ce plan devrait permettre d’augmenter sensiblement le nombre de visiteurs, passant de 6,5 millions à 12 millions par an dès 2013.

« Éco-tourisme » et « randonnée », ces mots évoquent pour les ­Russes les années 80 de l’URSS : sac à dos de cinquante kilos, tente à même le sol sur une fourmilière, et chansons autour d’un feu de camp sur fond de guitare. Pas très glamour, pour tout dire. En fait, le tourisme d’aventure est depuis longtemps devenus une tend­ance forte en Occident. En sortant des sentiers battus, les Russes ne font que suivre les Occidentaux !

Selon l’Organisation mondiale du Tourisme (OMT), le chiffre d’affaire du secteur touristique dépasse le trillion d’euros par an. L’éco-tourisme représente 10 à 20% du marché mondial du tourisme, et enregistre la croissance la plus dynamique parmi les secteurs de l’industrie touristique. En Russie, la nature offre un immense potentiel pour le développement du tourisme écologique. Pour de nombreuses régions, c’est le seul moyen de résoudre des vieux pro­blèmes, comme concilier intérêts des hommes et de la nature. En Russie, si la nature est protégée, c'est que personne n'y vit. Le second problème, c’est l’éloignement. La distance qui sépare la beauté sauvage de la nature russe des endroits potentiels d’un complexe éco-touristique, comptent quatre, voire cinq chiffres. Bien sûr, il y a des exceptions : les îles Sakhaline et les îles Kouriles sont p­roches du Japon et de la Corée du Sud, la Carélie est voisine de la Finlande, et l’Isthme de Courlande se situe quasiment au c­entre de l’Europe. Mais les prix sont souvent exorbitants à cause du manque d'infrastructure, surtout au Kamtchatka ou en Yakoutie, où le principal moyen de transport reste l’hélicoptère.   

Quelques parcs nationaux incontournables 

En Russie, les parcs nationaux sont une forme relativement récente de protection de l’environnement et de conservation du patrimoine culturel. Leur création sur le territoire russe a commencé au début des années 1980. Aujourd’hui, le pays compte 35 parcs nationaux d’une superficie totale de 6 925 696 hectares (soit 0,4% du territoire). 

Situé sur la presqu’île de Courlande , Kourchskaya kosa , dans la région de Kaliningrad, est le plus occidental des parcs nationaux. L’Isthme de Courlande (le plus long du monde), est un cordon littoral sablonneux de 98 km de long, et qui s’étire en arc étroit (0,35 à 3,8 km), reliant la ville de Zelenogradska, au nord de Kaliningrad, au port de Klaipèda, en Lituanie. 

L’Alkhanaï, le plus jeune parc national du pays , se trouve en Sibérie. La curiosité principale du parc est le monument de la nature de la montagne Alkhanaï. C’est une relique bouddhiste du peuple bouriate. Près de sa base, se trouve le temple de Grand Bien. Le plus intéressant est la grotte naturelle dans la voûte de la­quelle on peut voir une fissure allant jusqu'au fond du roc. L’eau qui coule de cette fissure est considérée comme curative. Le parc est situé à la jonction des steppes, des forêts et des montagnes. Ici, cohabitent plus de 340 espèces végétales, dont près de 180 sont utilisées dans la médecine officielle et/ou populaire (notamment tibétaine). Sont également enregistrées plus de 120 espèces vertébrées terrestres, 165 espèces d’insectes, 2 espèces d’amphibiens, 4 espèces de reptiles et 17 espèces de poissons. 

Le Parc National de Sotchi est le plus ancien du pays. Près de 40 rivières et ruisseaux le traversent pour se jeter dans la Mer Noire. Un récent décret a annulé ­l'entrée payante sur son territoire. 

Yugyd Va, le parc national le plus vaste de Russie (Oural). Sa superficie totale est de 1 891 701 hectares, dont 21 421 hectares d’aires marines. 

Vodlozero, le plus grand parc national d’Europe. Il compte aussi le plus grand lac d’Europe du Nord, qui porte le même nom que le parc, Vodlozero, long de 36,2 km et large de 15,9 km. Les rives du lac comptent 196 îles. ll s’agit d’un lac peu profond, d’origine gla­ciaire, avec 18 mètres de profondeur maximale, et seulement ­4,2 mètres de profondeur en ­moyenne. Le parc recèle également des éléments uniques de l’histoire de notre Terre, notamment la présence de roches basaltiques, sédimentaires et volcaniques vieilles de 3,4 milliards d’années.



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