La fête française

Crédits photo : Alexandra Khazina.

Crédits photo : Alexandra Khazina.

Un vrai bouillon de culture française à Moscou

Un jeune homme déguisé en Cyrano de Bergerac trempe un croissant dans du chocolat chaud, on cite Prévert à gauche, on parle de Verlaine à droite, les enfants se régalent en jouant avec des ballons tricolores, tout ça sur fond d’airs bien connus... Un vrai bouillon de culture française.

Malgré une pluie battante et un vent glacial, les amoureux de la France sont venus, seuls ou en famille, à la Journée Portes ouvertes organisée le 10 septembre par le Centre Culturel Français. La cour du 1 rue Nikoloyamskaya, était très animée : les francophones de tout poil – étudiants, expatriés, amateurs - s’y sont rassemblés pour  goûter un peu à la vie à la française.

Au programme : conférences, films, chanson française, des activités pour toute la famille. Une fois les enfants installées devant des dessins animés passés en boucle ou sur un stand de coloriage, les mères pouvaient s’offrir une séance de maquillage Yves Rocher dans une tente dressée dans la cour, ou bien chanter du Joe Dassin en karaoké dans le bar au rez-de-chaussée de la bibliothèque. Ceux qui sont venus remplir leurs agendas pour l’année scolaire pouvaient s’informer au stand de Campusfrance. Le stand Francomania et la tente du BSI Group étaient également à la disposition de tous pour organiser rapidement un voyage en France ou trouver un restaurant français à Moscou.

Dans la cour, le public applaudissait aux chansons françaises devenues internationales : Dalida, Pink Martini, Vanessa Paradis, Amel Bent… Ceux qui commençaient à frissonner se refugiaient au comptoir de «Volkonski», la boulangerie de luxe, qui ajoutait à la fête un petit goût de bon café et de pâtisserie française. D'autres continuaient à danser une tasse de thé à la main.

Cette ambiance amicale n’enlevait rien au sérieux du programme : à l’étage, les francophones débutants pouvaient suivre un premier cours de langue ou encore feuilleter une pièce de Molière ou un roman de Gavalda dans la médiathèque.

Crédits photo : Alexandra Khazina.

Le point culminant de la journée était une rencontre avec les écrivains français, des invités très différents tant par leur nature que par le genre et les sujets de leurs œuvres. Lydie Salvayre,  écrivaine et psychiatre, lauréate du prix Novembre en 1997 pour son roman La Compagnie des Spectres, s’est exprimée sur son rapport particulier avec la langue française qui n’était pas sa langue maternelle. Née en France dans une famille espagnole elle avait appris le français à l’aide de grands classiques. Irène Frain, plus connue du public puisque traduite en russe, a parlé de son dernier romain La forêt des 29, un voyage exotique sur les traces de Djambo, le héros et fondateur des Bishnoïs, une communauté en Inde du Nord.

Enfin, David Foenkinos et Florian Zeller, meilleurs amis et représentants de la nouvelle génération d’écrivains français, ont rendu hommage à la grande littérature russe. Foenkinos a confié qu’il fut épris de la langue russe dès le plus jeune âge et c’est Dostoïevski qui l’a initié à l’écriture. Zeller a parlé de la différence entre l’art du romancier et l’artisanat du dramaturge auquel il se consacre ces derniers temps. Son dernier roman, Les souvenirs, a été sélectionné par l’Académie Goncourt. Foenkinos a également parlé des rapports compliqués entre la réalité et la fiction, avant d’annoncer la sortie, en 2012, de son film « La Délicatesse », une adaptation d’un roman éponyme. Audrey Tautou y lira Oblomov d'Alexandre Gontcharov.

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