De Cannes à Kansk

Crédits photo : www.festival-cannes.ru.

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Kansk, en Sibérie, organise depuis dix ans un festival de vidéo

Bien loin des strass et des paillettes de Cannes, à quelques deux cent cinquante kilomètres à l’est de Krasnoïarsk, la petite ville de Kansk accueille depuis 2002 le Festival International Vidéo de Kansk.

 

Cette année, du 19 au 27 août, le Festival fête sa dixième édition. Au programme de la compétition, des films expérimentaux, ou simplement des court-métrages intéressants. Le festival s'est ouvert avec la projection du film Chapiteau-Show qui a reçu l e prix du Festival international du cinéma de Moscou.

 

Kansk et Cannes, à l’opposé !

 

Créé en 2002, le Festival part à l’origine d’une plaisanterie, et la ville de Kansk, en Sibérie, est choisie pour sa ressemblance phonétique avec celle du célèbre festival du sud de la France (le Festival de Cannes, en russe, se dit « Kanski kinofestival »). Depuis, le Festival a lieu chaque année et s’est beaucoup développé, proposant aussi des expositions d’art contemporain. Kansk est alors le théâtre de performances artistiques qui s’invitent dans les rues de la ville comme « L’Allée de Palmiers » ou le « Monument de l’artiste inconnu ».

 

Cette année, 28 films de 18 pays ont été sélectionnés, et les oeuvres du peintre et architecte français Xavier Juillo ont vu le jour sur la piste de l’aéroport désaffecté de la ville. Des créations réalisées en collaboration avec les participants du premier « Video Campus » sibérien. L’une des oeuvres de Xavier Juillo, un happening réalisé avec la participation d’étudiants russes et français, a ainsi redonné vie au vieil aéroport.   

 

 

La vie est un festival

 

ALEXEÏ AKIMOV, artiste vidéo et habitant de la ville de Kansk, gagnant du Festival 2009 et 2010 (prix spécial de la « Meilleure oeuvre russe ») a accepté de nous raconter comment le festival a changé sa vie. L’idée de créer le Festival de Kansk était dans l’air. Simplement, ce sont des gens d’ailleurs qui l’ont mis à exécution, et c’est logique. Lorsque je suis arrivé à Kansk, en 1997, je me suis mis à plaisanter à ce sujet.

 

Quand la première édition du Festival a eu lieu, on en a beaucoup parlé, et il était évident qu’il fallait y aller. Parce qu’en général, voir un évènement intéressant à Kansk, c’est plutôt rare. Rien de bien palpitant.   Et c’est très bien que ce festival existe.

 

J’avais 17 ans quand j’ai commencé à fréquenter le Festival. Bien sûr, tout le monde est venu au premier, c’était bondé. Tu cours partout, tu regardes les étrangers avec de grand yeux. « Qu’est-ce que c’est ? » — « Un smartphone ». — « Qu’est-ce qu’un smartphone ? » — « Un téléphone intelligent ». — « C’est cool ».

 

La deuxième édition du Festival a été la seule à être payante. Dix roubles l’entrée. Ce qui a fait peur à beaucoup de spectateurs. Ce n’était pas l’initiative du Festival. Soit ils n’ont pas trouvé de fonds, soit il n’ont pas pu se mettre d’accord avec l’administration, toujours est-il que le Festival a duré une journée. De neuf heures du matin à une heure du matin, non-stop. Au cinéma Voskhod (Lever du soleil), les sièges en bois n’étaient pas confortable.

 

Nous y allions avec des amis. La ville n’est pas grande, les gens, plutôt intéressés en principe, et tout le monde se connaît. 

 

Ce que nous faisions d’autre ? Nous publiions notre petit journal, sur la vie de Kansk. Nous écoutions la même musique, échangions nos livres, nos films. Et donc, si l’un d’entre nous dégotait un appareil photo, on s’en servait tous. Quand on a peu de choses, on essaye d’en tirer le maximum. Et de participer à tout.

 

J’ai écrit quelques articles, j’ai fait parti du club d’escrime, j’ai chanté dans un groupe. Maintenant, je fais de la vidéo et de la musique. Et comme ils sont maintenant très liés, l’un n’empêche pas l’autre, à l’inverse, ils se complètent.

 

Grâce au Festival, mon travail est aujourd’hui directement lié à la vidéo. C’est bien que mon travail ne soit pas trop difficile, comme ça le soir, je peux faire du montage vidéo. La vidéo « Il dit et montre Google », je l’ai réalisée en deux pauses déjeuners.

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