La Russie lance un télescope plus grand que la Terre

Crédit photo : Ria-Novosti

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Un nouveau laboratoire d'astrophysique unique en son genre fait route vers son orbite après un tir réussi depuis Baïkonour.

Qu'a-t-il de si exceptionnel ?

La plus grande plateforme de l'univers

Alors que les radiotélescopes terrestres sont limités par la physique et l'effet de la gravité sur leur conception et leur construction, leur mise en orbite modifie les règles du jeu. L'antenne de 10 mètres de RadioAstron fait pâle figure comparée à ses homologues de 100 mètres installés sur Terre, mais placé sur orbite autour de notre planète à une distance presque équivalente à celle de la Lune, il peut être connecté à des ordinateurs sur Terre en créant un vaste « plateforme virtuelle » dans les airs.

Il s'agit d'un processus appelé interférométrie, qui fut inventé par l'Agence spatiale japonaise en 1997. Cependant, RadioAstron est le plus grand actuellement. Le résultat, selon les experts du New Scientist, est l'équivalent de la construction d'un radiotélescope 30 fois plus grand que la terre elle-même. En outre, la résolution de l'image est 10 000 fois supérieure à celle du télescope Hubble, auparavant considéré comme le champion de l'observation de l'espace.

 

Que peut-il voir, et qu'est-il en mesure de nous apprendre ?

 

Usage pratique

Les scientifiques de l'Institut de Recherche spatiale (ISR) de l'Académie russe des Sciences ont l'intention de l'utiliser pour étudier les noyaux galactiques, les trous noirs supermassifs, l'accélération des particules, les champs magnétiques et les rayons cosmiques. Si tout cela semble tiré d'un livre pour enfants, les experts soutiennent que cela permettra une meilleure compréhension de la structure de notre univers.

Il pourrait aussi avoir une fonction pratique immédiate : on s'attend à la fin de l'année 2012 à un regain d'activité solaire électromagnétique – avec des effets potentiellement dévastateurs pour les satellites artificiels offrant un nombre incalculable de services, des prévisions des anomalies météo aux émissions sportives télévisées. Lev Zelioni, chef de l'ISR, espère que le nouveau télescope jouera un rôle dans l'observation de ce problème et permettra de lutter contre ses effets.

 

Problème potentiel

Bien que l'excitation de la communauté scientifique autour de ce lancement soit justifiée – ce qui accorde un crédit accru aux revendications relatives à une renaissance de la science russe - il reste pourtant un écueil potentiel.

Tout d'abord, le flux constant de données censées être collectées par RadioAstron est si vaste – 144 mégabits par seconde – qu'il doit être constamment rassemblé et traité de retour sur Terre.

A l'heure actuelle, il n'existe qu'une antenne de 22 mètres dans la région de Moscou capable de les recevoir, ce qui signifie que dans un premier temps au moins, une bonne partie de l'information sera perdue.

 Article initialement publié dans The Moscow News

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