À Saint-Pétersbourg, une ligue anti-Hollywoodienne voit le jour

Carole Bouquet et Pavel Lounguine pendant le second Forum international du film à Saint-Pétersbourg. Photo : Ria-Novosti

Carole Bouquet et Pavel Lounguine pendant le second Forum international du film à Saint-Pétersbourg. Photo : Ria-Novosti

Le Vieux Monde s’unit contre le Nouveau Monde…

Le 11 juillet, dans le cadre du second Forum international du film à Saint-Pétersbourg a été signé l’Accord sur la création de l’Académie russo-française du cinéma. Carole Bouquet s’est portée « garante » de la part de la France. La star du cinéma français est connue des spectateurs russes, notamment grâce aux films Cet obscur objet du désir et Bingo Bongo. Quant à la Russie, elle était représentée par le réalisateur Pavel Lounguine, qui est l’instigateur du projet. Il l’avait présenté il y a un an lors du Forum économique de St- Pétersbourg, au moment de la rencontre des présidents des deux pays.


« Ces dernières années on ne voit presque plus de films russes à Paris, la capitale cinématographique de l’Europe », a remarqué Lounguine. L’Académie du cinéma russo-française est appelée à renverser la vapeur. À son avis, le Conseil d’experts bilingues sera en mesure de référer aux cinéastes français et russes des projets prometteurs. Il est aussi prévu d’organiser des séminaires sur la production commune, dans le but de rapprocher producteurs de cinéma, scénaristes et réalisateurs des deux pays. Les échanges d’étudiants des écoles cinématographiques russes et françaises seront aussi au menu. Aux mois d’octobre ou de novembre, un concours de projets artistiques sera lancé, qui permettra à deux ou quatre d’entre eux de voir le jour. La France et la Russie en partageront les frais de financement. « C’est une Académie à l’esprit hellénique qui rassemble les partisans de mêmes idées », a fait remarquer Lounguine. « Ici, on ne donne pas de diplômes, on ne dispense pas de cours non plus. Ce n’est pas une formation à proprement parler. Il s’agit seulement d’un travail commun sur des projets et sur leur promotion. Ensuite, tout dépend de nous. Si l’on fait du bon cinéma, nos films seront appréciés et rapporteront de l’argent, sinon, on oubliera vite nos noms ».


Dans ce sens, la Russie a eu de la chance avec la France, car voilà déjà cinq ans qu’elle attendait un pareil tandem culturel avec l’Allemagne. Peut-être, le secret de la réussite réside-t-il dans la persévérance de Madame Bouquet ? « Le cinéma est une branche de l’art qui nécessite soutien et protection. J’ai beaucoup d’expérience au cœur de différentes associations. Quand il faut apporter de l’aide quelque part, je ne manque jamais de le faire. S’il faut aller chercher de l’argent, je suis également prête à le faire. S’il faut assiéger un Ministre dans son cabinet ou un producteur de cinéma dans son bureau et ne pas les laisser sortir jusqu`à ce qu’ils nous donnent de l’argent, je serai capable de le faire », a avoué l’actrice. Ainsi, Pavel Lounguine a tout à fait raison d’appeler l’actrice française la « marraine » de l’Académie nouvellement née.


Selon Lounguine, bien que les cinéastes russes soient les plus intéressés par cette union, c’est le cinéma européen dans son ensemble qui en sortira gagnant. « Les meilleurs films présentés à Cannes – roumains, turcs, iraniens – sont réalisé avec la participation de la France, note-t-il. Cela traduit la volonté politique de la France qui veut sauvegarder le pluralisme culturel européen et repousser une offensive massive de la Machine de divertissement américaine. »


« L’Académie du cinéma russo-française n’est qu’un bébé pour l’instant, mais dans un an, je vous le jure, nous pourrons présenter les résultats concrets de notre travail », a promis Carole Bouquet.


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Au niveau des gouvernements, le ministre de la Culture et de la Communication Frédéric Mitterrand et le ministre de la Culture russe se sont exprimés conjointement pour soutenir l’Académie : « Nous sommes ravis que les partenaires professionnels qui prennent part à ce projet (dont la Fondation de soutien au cinéma patriotique russe, d’un côté, et le Centre National du cinéma et de l'image animée français, de l’autre) soient parvenus à s’entendre dans de très brefs délais sur l’objectif et l’organisation de cette nouvelle structure. Nous soutenons les lignes directrices élaborées par les partenaires qui facilitent la coopération russo-française dans les domaines de la formation cinématographique, de la sauvegarde et de l’utilisation de l’héritage cinématographique, du soutien de la production et du développement de l’industrie de cinéma, ainsi que de la diffusion des œuvres cinématographiques ».



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