Le Bal où les cœurs se mettent à nu

Les photos sont accordées par le fondation Les coeurs nus


Aux portes de Paris vient de se tenir le grand gala de charité de la fondation de Natalia Vodianova, Les cœurs nus (Naked Heart). Cet évènement, soigneusement organisé par l’association caritative depuis déjà plus de deux ans, était très ambitieux, avec des robes conçues spécialement pour cette soirée de gala par quarante cinq grands couturiers. Les fonds, collectés à l’issue du gala, ont atteint la jolie somme 2 300 000 euros – loin pourtant du succès de la toute première édition, qui avait rapporté 5 millions d’euros.

Les couturiers, la crème de la crème de l’industrie de la mode, se sont retrouvés à la soirée White Fairy Tale avec comme mission de s’inspirer des contes de fées russes. Une tâche du même ordre avait aussi été donnée aux décorateurs et aux cuisiniers de la soirée. Les créateurs du gala, inspirés par le folklore russe, n’avaient pas lésiné sur les moyens. Le chapiteau décoré, monté au milieu de la propriété privée du couturier Valentino Garavani, donnait une impression de conte de fées.

Cette soirée chez le maître Garavani était aussi l’occasion de souligner, de façon non officielle, la clôture de la semaine de la haute couture. Les instigateurs du gala ont aussi estimé qu’en plus de convoquer des invités de marque tels que la top-modèle Eva Herzigova, l’ex-directrice du magazine Vogue France Carine Roitfeld, le photographe Mario Testino, la princesse de Norvège Mette-Marit, le couturier Riccardo Tisci et le créateur de chaussures de luxe Christian Louboutin, il était indispensable de faire appel à des Russes. Le gala et l’encan auront permis de démontrer que la générosité légendaire de tous ces gens est un mythe, tout autant que l’image d’Epinal des ours jouant de l’accordéon.

Les invités ont fait le tour de la somptueuse propriété du maître, avant de prendre chacun leur place sous le chapiteau. Pas de tables numérotées, mais étiquetées aux noms de personnages de contes de fées. L’une d’elle portait le nom de Varvara-krasa (Barbara la Belle). La soirée pouvait alors commencer. Elle fut animée par l’actrice Anne Hathaway, qui s’était déjà distinguée lors de la dernière cérémonie des Oscars. Elle ne s’est contentée cette fois-ce que d’une seule robe blanche. Lors de la soirée des Oscars, la comédienne avait changé sept fois de tenue. Le blanc ou l’argent étaient d’ailleurs le dress code de la soirée pour toutes les convives. Madame Hathaway a plus tard donné la parole à Madame Vodianova, pour annoncer la vente aux enchères dites « silencieuse ».

Sur chaque table étaient disposés des capteurs électroniques, à l’instar de téléphones mobiles, à l’aide desquels on pouvait miser sur les objets en vente. L’information sur les mises s’affichait sur les écrans, de sorte que les invités pouvaient miser sans bruit et sans interrompre un dîner au menu fut sans grande prétention : crêpes au saumon fumé, pommes de terre fourrées au caviar noir et baies à la crème glacée.

La vente aux enchères silencieuse a duré une heure, après quoi les mannequins ont défilé dans des toilettes, également mises aux enchères. La plupart de ces robes ont été cédées au feu des enchères, bien que, selon les dires des organisateurs du gala, les meilleurs habits ont par la suite été vendus dans une atmosphère plus tumultueuse, alors que le public venait de terminer le dessert et commençait de quitter tranquillement les lieux. Les convives toujours présents n’étaient pas près à délier leur bourse. Par ailleurs, un invité a déclaré qu’il n’avait nul besoin de robe, mais qu’il donnerait avec plaisir de l’argent pour construire une aire de jeux pour enfants (raison d’être de la fondation Les cœurs nus).

Par conséquent, le prix des lots a été revu à la baisse. Ainsi, la robe d’Alexander McQueen, créée personnellement par le styliste, qui a une certaine valeur pour les collectionneurs, fut vendue 30 000 euros au lieu de 50 000. La robe Christian Dior, créée par Galliano, a été bradée (avec difficulté) pour 35 000 euros, alors que les prix moyens des toilettes haute couture vacillent entre 60 et 80 000 euros.
 

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