Concombres sous surveillance

Crédits photo : Reuters/Vostock photo

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L’embargo sur l’importation des légumes européens est toujours en vigueur en Russie, et cela, en dépit de la déclaration de Frédéric Vincent, porte-parole de la Commission en charge des questions de santé, qui affirmait que l’Union Européenne et la Russie avaient conclu une entente pour l'abandonner « sur-le-champ ». Mercredi, l'inspecteur en chef des services sanitaires d'Etat russes, Gennady Onischenko, a informé que pour l’instant il s’agit d’introduire un régime spécifique d’importation.

Autrement dit, les légumes seront importés en Russie à condition d’être certifiés. Le certificat devra indiquer l’origine du produit et comporter une garantie des services de contrôle du pays exportateur spécifiant que le produit n’est pas contaminé par la bactérie qui a déjà fait 40 morts en Europe. D’ailleurs, pour le moment, la Russie ne dispose pas de liste des services européens autorisés à livrer les certificats en question. Toutefois, la bactérie mortelle E.coli est bel et bien entrée dans le pays. Dans l'immédiat, la Russie pense mener sa propre enquête.

Selon Gennady Onischenko, le régime spécifique d’importation « restera en vigueur jusqu’à ce que l’épidémie soit éradiquée pour de bon et qu'aucun cas d’infection ne soit plus signalé; il faudrait aussi prévoir une période d’incubation, de 10 jours maximum », a-t-il dit. Après quoi Onischenko n’exclut pas la reprise de l’importation des légumes européens vers la fin juin.

Rappelons que la Russie a imposé l’embargo sur les légumes en provenance de tous les pays d’Europe ce 2 juin, alertée par l’épidémie de l’entérobactérie qui y faisait des ravages. En prenant ces mesures, la Russie a précisé que l’embargo serait maintenu jusqu’à ce que les Européens trouvent l’origine de l’infection. Mais, comme l'a communiqué le Service russe de contrôle vétérinaire et phytosanitaire (Rosselkhoznadzor), le vrai foyer d’origine de l’E.coli n’a toujours pas été trouvé. Une des hypothèses émises veut que la contagion soit transmise non par des légumes, mais par des humains ou des animaux. La Russie a fait des concessions à l’UE en levant partiellement l’embargo après le sommet EU-Russie, début juin.

La part des produits importés de l’UE représente 20% du marché russe. Cependant, selon les estimations du ministère de l’Agriculture, la Russie produit suffisamment de légumes, et l’importation à partir des pays non européens comble tous ses besoins. D’autant plus que la saison estivale est idéale pour les récoltes dans les champs et potagers russes et ceux de ses voisins de la CEI. Habituellement, 70% des importations de légumes se font à l’inter-saison de janvier à avril.

Le ministère de l’Agriculture russe a souligné que l’embargo produirait un effet positif sur le secteur agricole en stimulant la demande de produits russes. Selon les informations du ministère, jusqu’à 80 % des légumes sont produits par les petits agriculteurs. Cette année 87% des légumes sur les tables russes devraient provenir du terroir national. Pour autant, leurs prix n’ont pas augmenté pendant la durée de l'embargo. Et, selon Rosstat (Service des statistiques russe), ils ont même diminué en moyenne de 2% la semaine dernière.

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