La Coface flaire un fort potentiel à l’Est

Didier Bourgeois, directeur régional de la Coface pour la CEI. Photo : DR.

Didier Bourgeois, directeur régional de la Coface pour la CEI. Photo : DR.

Pour son deuxième exercice en Russie cette année, l’assureur français pense doubler son chiffre d’affaires, grâce à la prise de conscience du risque survenue après la crise

La filiale de Natixis a mis sur le marché russe ses primes d’assurance-crédit en juin 2010 et réalisé cette première année un « chiffre d’affaires modeste : 6 millions d’euros, admet Didier Bourgeois, directeur régional Russie et CEI (Communauté des États indépendants) à la Coface (Compagnie Française d’Assurance pour le Commerce Extérieur). Nous pensons doubler notre chiffre en 2011 », ce qui ne veut pas dire tous les ans ; « difficile de dire si le taux va évoluer de manière linéaire à 10, 15, 20% par an ».


Aujourd’hui, le segment de l’assurance-crédit pèse 40 millions d’euros et est largement dominé par l’allemand Euler Hermes, représenté en Russie par Rosno (les deux groupes appartiennent à Allianz). Euler Hermes a une position dominante sur le marché russe, qui s’explique par la prépondérance des exportations allemandes en Russie. L’autre concurrent de Coface est une co-entreprise entre le russe Ingosstrakh et le belge Office National Du Ducroire (ONDD). « Nous sommes la seule société d’assurance internationale à proposer ces produits sous notre propre nom », précise Didier Bourgeois, qui attribue à la Coface un avantage concurrentiel solide avec ses services d’intelligence économique très développés. « Notre travail s’appuie sur une base de données de 750 000 entreprises russes sur un total de 4 millions d’entités juridiques en Russie. Cette activité existe tout d’abord pour les besoins de notre assurance, mais nous la proposons aussi à des clients tiers qui veulent se conforter sur le risque d’un client russe donné ». Cette activité a représenté un quart du chiffre d’affaires de la Coface en Russie l’année dernière. Les clients russes ne constituent que 25% de l’activité de l’assureur, mais la proportion devrait monter à 40% à terme. « Le niveau de risque en Russie est assez élevé car dans une crise comme la dernière, les entreprises s’arrêtent vite de payer leurs fournisseurs », note Yves Zlotowski, économiste en chef de Coface. Le marché russe est cependant « difficile en raison d’une faible transparence des entreprises, même par rapport à des pays émergents comme la Turquie et l’Inde ».

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