Les chemins de fer russes misent sur le tourisme

Crédits photo : http://mow-china.com/

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Pour découvrir les coins perdus de Russie, il n’y a finalement pas de meilleur moyen que d'emprunter les trains bondés de touristes

Les trains touristiques les plus connus au monde, tels que l’Orient Express ou le Pride of Africa, auront bientôt un sérieux concurrent russe. Les amateurs de tourisme ferroviaire pourront prochainement partir pour « l’Odyssée transsibérienne », nom de la nouvelle ligne qui reliera Moscou à Pékin dès le 14 août prochain. Deux semaines durant, les passagers de l’express transsibérien auront la possibilité, outre celle d’admirer les paysages variés et les beautés naturelles qui passent derrière la fenêtre du train, de visiter certaines des plus grandes villes russes, étapes habituelles des itinéraires touristiques qui ne manquent pas d’intérêt – en particulier pour ceux qui souhaitent découvrir la « Russie profonde ».

 

De Moscou à Pékin en train, en passant par le Baïkal

 

Le premier arrêt du trajet est Kazan, capitale du Tatarstan à 800 kilomètres à l’est de Moscou. Cette république de la Fédération russe se situe sur le territoire historique du khanat de Kazan, fondé au XVe siècle par une branche de la Horde d’Or, mais vaincu par Ivan le Terrible en 1522 et intégré au royaume russe. Située au carrefour des civilisations orientales et occidentales, la République du Tatarstan se fait l’exemple de la cohabitation pacifique de deux religions, chrétienne et musulmane, reflétée assez symboliquement par deux des monuments les plus connus du Kremlin de Kazan : la cathédrale de l’Annonciation et la mosquée Koul-Charif.

 

Plus loin, se trouve Ekaterinbourg, sur le versant oriental de l’Oural : la ville où, en 1918, furent exécutés le dernier empereur de Russie Nicolas II et sa famille. Puis, arrêt à Novossibirsk, la secrète « capitale de la Sibérie », fondée au XVIIe siècle par les cosaques russes, avant d’atteindre Krasnoïarsk, et encore plus loin, Irkoutsk, située à 60 kilomètres du lac Baïkal. Ici, une mini-aventure attend les passagers : un voyage ferroviaire « rétro », sur la ligne Krougobaïkalskaïa construite sur les rives du fameux lac. C’est la partie la plus belle et la plus historique de la ligne Magistrale Transsibérienne, que l’on appelait au temps des tsars « la boucle d’or de la ceinture d’acier russe ».

 

Après le Baïkal, direction Pékin, via la capitale de la Mongolie Oulan-Bator, où ceux qui le souhaitent peuvent passer la nuit dans une vraie yourte mongole. Les concepteurs du voyage promettent de l’accompagner d’une agréable touche culinaire : dans le train, les voyageurs pourront se régaler de plats nationaux, y compris de caviar et de canard à la pékinoise. Le trajet ne se fera pas sans dégustation de vodka russe, pour accompagner le dessert, lors du pique-nique sur les rives du lac Baïkal.

 

Pour la société des chemins de fer russe, le jeu en vaut la chandelle : selon différentes prévisions, le potentiel touristique de la Russie pourrait atteindre d’ici 2016 plus de 40 millions de touristes étrangers, et 50 millions de citoyens russes par an pourraient s’offrir ce voyage. Selon les données officielles, le flux touristique intérieur s’élevait, en 2010, à 32 millions de personnes, alors que 13 millions de Russes ont passé leurs congés, la même année, à l’étranger.

 

Pour les touristes russes friands d’itinéraires inconnus et prêts à de longs voyages en train, différentes destinations en Europe sont également proposées par les chemins de fer russes. Inaugurée en septembre dernier, la ligne régulière Moscou-Nice relie la Russie au Sud de la France. Selon les chiffres de la société des chemins de fer, la demande pour cet itinéraire serait de plus de 300 000 voyages par an. Alors que des voyages par train sont également proposés vers d’autres pays occidentaux, tels que l’Allemagne, la Pologne, la République Tchèque ou la Finlande, il était grand temps de rediriger les trains russes vers l’Est.

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