Sous le signe des investissements

Crédits photo : AFP/East News

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Une délégation de 300 hommes d’affaires belges, conduite par le Prince Philippe, s’est rendue en Russie début avril. Un troisième sommet du genre qui s’est avéré particulièrement productif.
Une vingtaine de contrats ont été signés durant ce qui fut la plus productive, et de loin, des rencontres au sommet entre la Belgique et la Russie. La délégation belge, conduite par le Prince Philippe, a d’abord visité la future technopole russe de Skolkovo. Conscient du fait que le président russe place beaucoup d’espoirs dans Skolkovo pour replacer le pays sur la voie de l’innovation, le Prince a tenu à vérifier si la Belgique pouvait apporter sa pierre à l’édifice. À l’issue d’une rencontre avec Viktor Vekselberg, président du Fonds Skolkovo, l’héritier de la couronne a souligné l’intérêt des entreprises belges pour des investissements dans ce projet, qu’il considère comme « un symbole de la politique russe visant à moderniser l’économie ». Les Belges se sont intéressés aux secteurs des biotechnologies, des technologies de l’information et de l’efficacité énergétique, a relevé Alexeï Sitnikov, qui dirige le département du développement international de Skolkovo.

Le Prince Philippe a ensuite rencontré le président russe Dmitri Medvedev et le maire de Moscou Sergueï Sobyanine. Ce dernier a noté que la capitale russe allait déposer des appels d’offres ouverts aux fournisseurs internationaux et qu’il s’intéressait en particulier à ce que les sociétés belges pouvaient apporter en matière d’équipements industriels et de médicaments. Le maire de Moscou a également attiré l’attention de son hôte sur les fantastiques investissements nécessaires en matière de transports publics.

La seconde partie de la visite s’est déroulée à Saint-Pétersbourg, dont l’économie est traditionnellement tournée vers le Nord de l’Europe. Le gouverneur de la région, Valentina Matvienko, a profité de l’occasion pour noter que les échanges entre la « capitale du Nord » et la Belgique ont progressé de 27% en 2010 pour atteindre un volume de 538 milliards de dollars. La Belgique occupe par ailleurs la 4ème place parmi les investisseurs internationaux dans l’économie locale, soit 8% des investissements étrangers. Quarante sociétés belges sont présentes à Saint-Pétersbourg. L’année 2011 a bien commencé puisque les entreprises belges ont à ce jour déjà investi autour de 450 millions de dollars dans la capitale russe de la culture. Les hommes d’affaires en herbe locaux peuvent même, désormais, parfaire leur formation dans une école de management belges, qui forme actuellement 600 étudiants russes (lire aussi en page 2). Ces derniers pourront d’autant mieux suivre les cours... qu’une chaîne de cafés belge va bientôt se répandre dans les rues de la ville. Mais le nom de cette enseigne reste un secret bien gardé.

Si l’on observe les échanges commerciaux d’un point de vue plus large, en tenant compte de l’ensemble des régions russes, la tendance est également à l’intensification rapide et à la croissance. Mais les effets de la crise se font encore sentir. En 2009, au plus fort de la période de crise, la Fédération de Russie occupait le 17e rang parmi les principaux partenaires de la Belgique. Les exportations belges ont reculé, passant de 3,6 milliards d'euros en 2 008 à 2,2 milliards en 2009, soit une baisse de 38,3%. La part de la Russie atteignait 0,8% du volume total des ventes belges vers l'étranger. Pour les importations, la Fédération de Russie reste le 12ème fournisseur de la Belgique. La Russie a constitué 1,6% du volume total des importations belges, pour un montant de 4 milliards d’euros en 2009 (les chiffres pour 2010 n’ont pas encore été publiés, mais devraient montrer une forte croissance). Au total, la Russie est en rapport avec quelques 2.600 sociétés belges.

Une analyse sectorielle des échanges économiques montre que les premières positions sont occupées par les exportations de produits chimiques, qui constituent un quart des exportations belges vers la Russie, devant les exportations de voitures et d'équipement (11%), de moyens de transport (10%), de plastiques (8%) et de métaux non précieux (7%).
En un an, entre septembre 2009 et septembre 2010, les importations russes en provenance de Belgique ont connu une hausse de près de 50% (de 1,6 milliard d'euros à 2,5 milliards), plaçant la Russie en quinzième position parmi les acheteurs de produits belges.

Dans l’autre sens et durant la même période, les livraisons commerciales russes en Belgique ont augmenté de 80%, à 4,6 milliards d'euros, ce qui a propulsé la Russie en 10e position des fournisseurs de la Belgique.

L'implication belge dans la modernisation russe s'inscrit dans une logique historique, car avant la révolution de 1917, les ingénieurs et les techniciens belges étaient parmi les plus actifs dans le processus d'industrialisation du pays, note Youri Roubinski, directeur des études francophones à l'Institut de l'Europe.

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