Moscou livre 24 hélicoptères à l’armée afghane

Mi-17. Photo : RIA Novosti

Mi-17. Photo : RIA Novosti

Les négociations entre l’OTAN et l’Afghanistan au sujet de la livraison des hélicoptères russes MI-17 ont abouti après cinq ans. Le financement de l’affaire sera assuré principalement par les Etats-Unis, avec la participation des pays de l’OTAN

La Russie et l’OTAN sont parvenues à un accord sur la livraison de 24 hélicoptères russes à missions multiples MI17 à l’Afghanistan, a rapporté le journal russe Kommersant. Selon le quotidien, l’accord dont les termes sont déjà finalisés, devrait être signé fin mars 2011. L’achat sera assuré par les USA qui représentaient l’OTAN au cours des négociations.

Selon la source du journal, il s’agit de 24 hélicoptères MI17 payés et de 3 aéronefs qui seront transmis à l’Afghanistan à titre gratuit. Grâce à cette opération, le nombre d’hélicoptères russes en service de l’armée afghane s’élèvera en tout à presqu’à une centaine. Les entreprises russes pourront donc s’attendre à recevoir de nouvelles demandes de maintenance de ce matériel afghan.


Le fait que cet accord sur la livraison d’aéronefs russes en Afghanistan, négocié par Moscou et Bruxelles, soit financé par Washington n’étonne pas les spécialistes. Cette affaire est restée à l’ordre du jour pendant plus de cinq ans. Les autorités Afghans ont finalement choisi le MI17 russe (il s’agit d’un  MI8 modernisé, utilisable comme machine de débarquement aérien, de transport ou d’appui-feu) plutôt que des hélicoptères américains ou italiens. Un tel choix s’explique non seulement par la polyvalence du MI17 mais aussi par ses caractéristiques : une meilleure adaptabilité aux conditions d’un pays montagnard, avec son air raréfié ; une grande facilité d’exploitation ; enfin, l’expérience de pilotage que les aviateurs Afghans en ont acquis dans les années soixante-dix. Le prix du MI17, considérablement moins élevé que celui de ses compétiteurs, a naturellement lui aussi joué dans cette décision – on peut même dire que le MI17 n’avait pas de concurrent en terme de rapport qualité-prix.


La question du financement a plusieurs fois été soulevées lors des négociations. Moscou ne se montrait pas prête à livrer les hélicoptères à titre gratuit en tant qu’indemnité de la guerre de 10 ans entre l’Afghanistan et l’Union Soviétique, et cela pour des raisons politiques aussi bien qu’économiques. La situation actuelle de l’industrie de l'armement russe n’étant pas éblouissante, la Russie pouvait à la rigueur offrir trois hélicoptères, mais certainement pas vingt.


Le gouvernement afghan, lui, ne pouvait pas payer..


La proposition russe de faire payer les hélicoptères par l’Alliance atlantique et les Etats-Unis a paru raisonnable dans la mesure où les MI17 devaient servir la Force internationale d'assistance et de sécurité (FIAS) en Afghanistan et l’armée américaine dans la région. Mais Bruxelles et Washington ont d’emblée refusé de soutenir le complexe militaro-industriel russe.


Le temps passait et les hélicoptères restaient stockés à terre. Finalement, les Etats-Unis ont pris la décision de financer l’affaire, en se faisant partiellement aider par les pays de l’OTAN. La maintenance des aéronefs afghans sera payée par le fonds de l’Alliance atlantique, et son montant sera défini après que les pays membres de l’OTAN auront exécuté un apport initial. Ce fonds, qui doit être lancé le mois prochain, sera chargé de la création du parc de réparations et du centre de formation des pilotes afghans aussi bien que de la fourniture du carburant, des pièces détachées et de l’équipement. La maintenance des MI17 en Afghanistan, et même en Russie si nécessaire, sera effectuée principalement par des spécialistes russes.


Selon le rapport de Flightglobal MiliCAS publié fin 2010, l’armée de l’air afghane a commandé 73 MI17, dont un certain nombre pourront être achetés par des pays tiers, pas forcément membres de l’OTAN, pour être ensuite livrés à l’Afghanistan. Pour l’heure, l’armée afghane est en possession de 33 MI8 / 17 et 9 MI35.


Les livraisons des hélicoptères russes en Afghanistan permettront de soutenir la Force internationale d'assistance et de sécurité (FIAS) et l’armée afghane. La Russie refuse d’envoyer ses troupes dans le pays mais elle apporte son aide au contingent international, par exemple avec la fourniture d’armes portatives – 20000 kalashnikovs et 2500000 cartouches – en novembre 2010. Le début de l’opération contre Al-Qaida et les Talibans a été marqué par la livraison russe d’un important matériel lourd, chars de bataille et automouvants.


Quatre laboratoires afghans de fabrication de drogue ont été liquidés au cours d’une opération commune du Service fédéral russe de contrôle du trafic des stupéfiants (FSNK) et des Etats-Unis en octobre dernier. En outre, plusieurs spécialistes afghans suivent une formation dans le centre de lutte anti-drogue du Ministère de l'Intérieur de Russie situé à Domodedovo, près de Moscou. On peut voir là d’autres exemples de l’aide accordée par la Russie dans la lutte contre les Talibans.


Ces actions seraient encore plus efficaces si les pays de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) dont la Russie, la Biélorussie, l’Arménie et les républiques d’Asie centrale , Kazakhstan, Tadjikistan, Kirghizistan, Ouzbékistan, pouvaient y prendre part. Mais l’OTAN refuse cette coopération en prétendant que seule l’Alliance atlantique peut résoudre les problèmes stratégiques mondiaux. Se subsituant parfois à l’ONU avec son Conseil de Sécurité.

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