Opinion : gros doutes autour de l'atome

Crédits photo : AFP/East News

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Faut-il faire confiance à un type d'énergie certes économique, mais aussi dangereux que le nucléaire? Gros plan sur les conséquences de l'accident dans la centrale japonaise

Le séisme japonais a provoqué un accident dans l'une des plus grandes centrales du monde, Fukushima-1. Un tsunami de questions a aussitôt émergé  : peut-on faire confiance à cetype d'énergie certes économique, mais aussi dangereux que l’est le nucléaire? Ne vaudrait-il mieux pas revenir aux bonnes vieilles centrales thermiques et hydrauliques ?


Les risques des centrales nucléaires côtières, qui peuvent facilement être endommagées par les cataclysmes naturels, sont devenus évidents quand la centrale indienne de Madras, la deuxième du pays, a été inondée suite au tsunami de 2004. Les centrales sont souvent situées à proximité des rivières et des mers, car la production d'énergie atomique nécessite la consommation d'une grande quantité d'eau afin de refroidir les réacteurs. Les centrales situées sur le littoral des Iles britanniques ne sont ainsi situées qu'à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer.


En raison du réchauffement global, les ouragans, tempêtes et tsunamis sont plus fréquents, augmentant le risque d'accident pour les centrales. Mais les sites situés loin des côtes sont eux aussi affectés par le changement climatique. En France, 17 réacteurs furent notamment désactivés en 2003 en raison d'une canicule jamais vue: la température des rivières et des fleuves avait augmenté, rendant impossible leur refroidissement. Un tel événement survenait en plein pic de consommation d'énergie, alors que tout le pays allumait la climatisation à plein régime. Un scénario similaire s'est produit en Espagne en 2006.


Dans leur construction et leur fonctionnement, les centrales électriques sont soumises à des mesures de sécurité renforcées: de la longue liste des exigences en matière de conditions géologiques, topographiques et hydrométriques pour le choix du site, jusqu'à la protection d'urgence automatisée ainsi que passive contre les fuites de radiations. D'un autre côté, on connaît les conséquences désastreuses que peut avoir un accident dans une centrale hydroélectrique, comme l'ont montré les récents événements sur le site Saïano-Chouchenskaïa.


En dépit de tous ses risques, il n'existe pas d'alternative à l'atome. Et ce non seulement pour des raisons économiques, mais aussi écologiques. Si l'on remplaçait l'ensemble des 440 réacteurs existant dans le monde par des centrales thermiques classiques, les rejets annuels de CO2 dans l'atmosphère augmenteraient de 600 millions de tonnes à production d'énergie équivalente, selon les calculs de l'AIEA.

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