Retour sous les projecteurs

Crédits photo : Getty-Images Fotobank

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Le dernier président de l'URSS profite de l'attention médiatique pour envoyer des piques à ses successeurs

Parce qu’il fête ses 80 ans, Mikhaïl Gorbatchev, toujours aussi mal-aimé de ses compatriotes, a eu plus de presse que d’habitude. Il ne fait plus la une des journaux depuis des années, celui qui fut jadis « homme de la décennie » et de toutes les couvertures de magazine du monde pour avoir fait s’enrayer la machine totalitaire soviétique. Mais voilà qu’à la veille, les journalistes se sont souvenus de lui.


D’emblée, ils trépignaient pour lui poser des questions d’actualité. Maître de cérémonie, il a choisi en préambule de parler longuement de son enfance et de sa jeunesse de komsomol.

« Les droits de l’homme en Russie ? Il y a des droits, mais il y a des problèmes. C’est un indicateur de l’état de notre démocratie. La Russie figure parmi les 36 pays du club de Madrid, les pays en transition. J’ai l’impression ces derniers temps, que tous les autres pays avancent, politiquement, économiquement. Or, nous n’avons pas parcouru plus de la moitié du chemin. Nous avons tout : un parlement, des tribunaux, un président, un premier ministre. Mais ce sont des imitations. Il n’y a pas de travail efficace ».

Abandonné sur le bord de la route dans un pays qu’il a largement contribué à libérer, Mikhaïl Gorbatchev critique sévèrement le pouvoir, du tandem dirigeant à son parti Russie Unie.

« Au parlement, le parti Russie unie s’est emparé du pouvoir. Mais le monopole de donne pas la possibilité aux processus démocratiques de se développer. Russie unie me rappelle une mauvaise copie du PCUS. »

Quid des élections de 2012 ? « Je n’aime pas ce qu’ils font. Ce n’est pas l’affaire de Poutine, mais l’affaire de la nation, des élections, et des électeurs. Ce sont eux qui décideront. Ce n’est pas modeste de répondre comme l’a fait Poutine récemment : « Nous déciderons tout avec Dmitri Medvedev. » Cette suffisance est incroyable ! ».

Pour ce qui est de l’enterrement de Lénine, dont la dépouille embaumée, exposée au Mausolée, demeure l’un des derniers grands symboles de l’époque soviétique, Gorbatchev est catégorique.

« Il faut l’inhumer. C’était son désir, et il est temps de faire ses adieux à ce grand homme. Mais pas maintenant. Ce ne serait qu’une occasion de plus de diviser le pays ».

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