Buddha est un champion d’échecs

La capitale de la Kalmoukie offre un singulier îlot d’exotisme bouddhiste, digne des temples tibétains. Elista est aussi la capitale des échecs et des idoles iconoclastes. Crédits photo : Photoxpress

La capitale de la Kalmoukie offre un singulier îlot d’exotisme bouddhiste, digne des temples tibétains. Elista est aussi la capitale des échecs et des idoles iconoclastes. Crédits photo : Photoxpress

Escapade en Kalmoukie, une région mystérieuse aux portes de l’Europe, bordée par la steppe et la mer Caspienne

 

Il existe bien une gare ferroviaire à Elista... mais elle n’est plus desservie. Les vols étant rares et onéreux, j’ai donc fait le voyage en car. En arrivant à la gare routière, je monte dans le minibus en direction de la principale attraction de la ville : son temple bouddhiste (Khurula). Le minibus contourne plusieurs immeubles et déboule sur une rue datant de l’ère Khrouchtchev. D’un romantisme ! Une architecture surannée, toutefois compensée par les réverbères au style oriental et les nombreuses sculptures qui ornent la ville. Cavaliers et musiciens, lions et chameaux sont là pour m’accueillir. Et même un sphinx, semblable à ceux d’Égypte, mais avec une tête de kalmouke !

 

Enfin apparaît le plus grand temple bouddhiste d’Europe. Un travail d’orfèvre, avec ses lotus couronnant le porche, ses marches et fontaines en cascade. Sur la pancarte, à l’entrée, est inscrit que le matin, dans ce lieu, on expulse les mauvais esprits. La journée, on médite et l’on chante. Le soir, enfin, on commémore les morts. L’intérieur est jaune-orangé, orné de dorures, de tapis. Et puis il y a la musique, les multiples senteurs de l’encens, et l’immense statue de Bouddha.

 

Dans la cour, les visiteurs se pressent autour de la statue du vieux Sage Blanc. Les plus âgés déposent des douceurs et des fruits à ses pieds, et caressent la sculpture d’un petit saïga, ce chevreuil des steppes. Quant aux jeunes, ils photographient l’immuable ancêtre avant de le mettre en fond d’écran sur leur téléphone. Le Sage Blanc, m’a-t-on raconté, est le saint patron des peuples des steppes. Et le saïga est considéré comme le symbole du peuple kalmouk.

 

Je décide de faire la route à pied jusqu’aux Portes dorées, ornées de gravures et de dragons sculptés. Comme conseillé, je passe plusieurs fois dessous pour me purifier. Sur la place centrale, une pagode à sept étages s’élève vers le ciel, avec son tambour à prière (kiourdé). « Ne soyez pas timide, faites tourner la chance », me lance un policier en service. « À l’intérieur, il y a beaucoup de mantras pour purifier votre karma ». J’ai donc fait tourner le tambour, sous le regard attentif de Lénine, debout sur son piédestal. Très aimé ici, le Lénine. C’est parce que sa grand-mère était une Kalmouke...

 

Pour se rendre à ELISTA


2h en avion (270 euros A/R). En bus depuis Moscou, compter environ 20 heures. Départs chaque jour à 14h et à 19h, depuis l’hôtel Yunost. Le billet coûte 1 350 roubles (33 euros).

 

Où loger ?


L’hôtel Elista, dans la rue Lénine, est un établissement soviétique restauré. Il propose des chambres doubles « luxe » avec un minimum de confort pour 2 500 roubles la nuit (environ 60 euros).

 

Que manger ?


Le restaurant Gourman vous propose de découvrir la cuisine kalmouke : nouilles « khurn-makhn », raviolis « biorigi », gâteaux croustillants et thé au lait, mélangé avec du beurre, de la muscade et du sel.

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