Berezovsky : « Je n’ai pas de yachts en France »

Crédits photo : Daniel Berehulak/Getty Images

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Le parquet général de Russie a déclaré avoir confisqué, en France, deux yachts, des peintures et d’autres objets de valeur appartenant à Boris Berezovski. L’oligarque, de son coté, affirme ne rien posséder de tel en France

 

Selon le Parquet général de Russie, en plus des deux yachts, l’homme d’affaires Boris Berezovski s’est fait confisquer d’autres biens en France. « Nos collègues français ont réussi à saisir deux yachts à Golfe-Juan, dans le sud de la France, non loin de la propriété du milliardaire au Cap d’Antibes, déjà saisie par la police française à la requête du parquet russe. Les deux navires étaient utilisés par les proches du milliardaire et valent environ 20 millions de dollars », a déclaré à Interfax la porte-parole du Parquet général Marina Gridneva.

 

Outre les yachts, en présence d’un enquêteur et d’un procureur russe, ont également mis sous séquestre d’autres biens, dont des tableaux. « Ces mesures ont été entreprises à la requête du Parquet général russe dans le cadre d’une instruction judiciaire à l’encontre de Boris Berezovski », a expliqué Gridneva. Et de souligner que « la recherche des biens de l’homme d’affaires se poursuit dans le monde entier, en coopération avec les services de l’ordre de tous les pays ».

 

Selon Gridneva, ces saisies sont le résultat d’une coopération étroite entre le Parquet russe et les services compétents français, qui se sont particulièrement activés après la visite, en février 2011, du Procureur général russe Youri Tchaïka.

 

L’entrepreneur Boris Berezovski, quant à lui, a nié posséder des yachts en France. « Je ne possède pas de yacht en France », a dit le milliardaire à Interfax dans une interview téléphonique, jeudi dernier. Il a également affirmé ne rien savoir sur la saisie d’autres biens, y compris des tableaux.

 

De son coté, la défense de l’oligarque considère illégale toute action du parquet russe. « Plusieurs instructions sont en cours en ce moment, il y a deux condamnations du tribunal entrées en vigueur. Leur légitimité demeure une question, mais le parquet peut agir en conséquence. Seulement nous ne les considérons pas comme légitimes », a dit jeudi à Interfax l’avocat russe de Berezovski Andrei Borovkov.

 

En septembre 2010, le Parquet général de Russie avait indiqué qu’il cherchait à récupérer 358 millions d'euros d'actifs appartenant au milliardaire, qui se trouve en Grande Bretagne, en lien avec des détournements de fonds d’Avtovaz, « légalisés par une série d’achats-ventes de biens immobiliers et d’actions d’entreprises telles que ORT, TV6 et d’autres, et de l’exportation de moyens monétaires à l’étranger », indiquait un communiqué du parquet.

 

Le parquet général note qu’à l’issue d’une enquête sur cet épisode du 25 juin 2009, le tribunal de district Krasnogorski de la région de Moscou a prononcé une sentence contre Berezovski et Youli Doubov (qui se cache en Grande Bretagne avec Berezovski), en les « déclarant coupables d’escroquerie et de blanchiment massifs ». Selon le verdict, entré en vigueur, « la peine totale, en incluant celle pour Aeroflot-Andava, représente 13 ans de privation de liberté.



Le Parquet général a également poursuivi en justice, pour détournements de biens d’Avtovaz, A. Patarkatsichvili et A. Krasnenker, décédés avant l’annonce du verdict de culpabilité. Néanmoins, pour satisfaire aux prétentions des offensés, le Parquet compte appliquer des sanctions tant aux actifs de Berezovski et Doubov, qu’à la propriété de Patarkatsichvili et Krasnenker et leurs héritiers.


Au même moment, en septembre 2010, Aeroflot était remboursé des millions d’euros que lui avait volés Berezovski et ses complices. « La compagnie aérienne Aeroflot a reçu un virement de 38 millions d’euros sur son compte, pour dédommagement du préjudice causé par les fraudes de Berezovski et de ses complices au moment des transactions illégales, en 1996-1998, entre Aeroflot et la compagnie suisse Andavia, contrôlée par Berezovski », indiquait un communiqué du Parquet, en précisant qu’Aeroflot avait confirmé l’encaissement de ces moyens financiers qui avaient été bloqués en Suisse, en 1999, sur les comptes d’Andavia et des autres accusés.

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