Les bourses moscovites ne font plus qu'une

Les actionnaires du MICEX et du RTS ont trouvé un accord sur les modalités d'une fusion qui constitue une étape importante vers la constitution d'un Centre financier international à Moscou

Les deux principales bourses russes, MICEX et RTS, ne feront prochainement qu'un. MICEX a signé un accord d'intention sur l'achat du bloc de contrôle de RTS. Cette entente deviendra légalement contraignante à la mi-avril, a annoncé Alexeï Oulioukaïev, premier adjoint au gouverneur de la Banque centrale. Selon lui, l'accord évalue Micex à 3,45 milliards de dollars, et le RTS à 1,15 milliards.

« Nous sommes unis dans notre ambition de fusionner les deux places. La première étape des négociations est terminée, et aujourd'hui nous signons un accord d'intention sur l'achat du bloc de contrôle de RTS par le MICEX », a indiqué M. Oulioukaïev, qui dirige également le conseil des directeurs du MICEX.

Le Kremlin considère la fusion des deux bourses comme un grand pas en avant vers la création d'un centre financier international à Moscou. Le 20 janvier, le président Medvedev a ordonné à la Banque centrale de vendre 29,8% de ses parts dans le MICEX, qui réalise près de 70% du commerce d'actions du pays et assure les échanges de devises. Medvedev a rappelé le plan de création d'un centre financier international la semaine dernière, lors du Forum économique mondial de Davos, en Suisse.

Le conseil d'administration de RTS n'a pas semblé enthousiasmé par l'idée de la fusion. Peu après que le président de MICEX, Ruben Aganbegyan, ait soulevé l'idée, la direction de RTS annonçait que la place réaliserait son introduction en bourse, compliquant ainsi la fusion. Les actionnaires de RTS ont résisté à l'initiative parce que la Banque centrale posséde des parts dans le MICEX. M. Oulioukaïev a déclaré que cette dernière se retirerait du capital de la bourse issue de la fusion d'ici deux ou trois ans. Suite à cette annonce, les procédures d'organisation de l'introduction en bourse ont été gelées, mais pourraient reprendre si la fusion MICEX-RTS n'aboutit pas, a déclaré Zhak Der Megredichyan, président du conseil des directeurs de RTS. M. Oulioukaïev a confirmé cette information.

Le bloc de contrôle de RTS est détenu par cinq actionnaires : Renaissance Capital, Aton, Alfa-Bank, Troika Dialog, et Da Vinci, a fait savoir Megredichyan.

« Pour le moment, nous parlons des actionnaires contrôlant plus de 50% des actions du RTS, et nous espérons que les autres accepterons l'initiative », a indiqué Megredichyan.

Le moment choisi pour l'accord est significatif : l'idée de la fusion avait initialement été suggérée pendant la conférence d'investissement annuelle de Troika Dialog en février dernier. La conférence de cette année, un événement majeur en matière d'investissement, débutera le 2 février prochain.

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