RUSSOPHONIE : Deuxième festival Russenko au Kremlin Bicêtre fin janvier

Chorale d'Ekaterinbourg. Crédits photo : Maria Tchobanov

Chorale d'Ekaterinbourg. Crédits photo : Maria Tchobanov

Le deuxième festival Russenko de rencontre des cultures russophones et francophones au Kremlin-Bicêtre, dans la proche banlieue parisienne, marquera la véritable fin de l'année croisée France-Russie, tout comme la première édition du festival en avait marqué le début en 2010. Cette manifestation, organisée par la municipalité et l'association France-Oural appuyée par quelques associations amies, est l'une des plus populaires et des plus massives de l'année croisée (plus de 4.000 entrées en 2010).

Pendant deux jours et demi, le dernier week-end de janvier, toute la ville du Kremlin Bicêtre est mobilisée pour accueillir des milliers de visiteurs dans une dizaine de sites et pour des rencontres et activités touchant à tous les domaines d'échanges entre les espaces russophones et francophones : culturel bien sûr mais aussi économique, commercial, géopolitique, artisanal et gastronomique...

Cette année, un résultat concret de l'an dernier se voit dès la séance d'ouverture vendredi 28 à 18 heures, avec la signature d'un protocole d'accord de coopération entre les villes du Kremlin-Bicêtre et de Dmitrov, dans la région de Moscou, en présence du gouverneur de district, M. Valery Gavrilov. Une exposition de photos sur Dmitrov est présentée dans le hall de la mairie. La séance inaugurale aura été précédée de visites par la délégation de M. Gavrilov, des services de la ville et d'une rencontre avec les milieux économiques de l'agglomération de communes du val de Bièvre, dont fait partie le Kremlin-Bicêtre.

Signature de l'accord de coopération entre Kremlin-Bicêtre et Dmitrov. Crédits photo : Maria Tchobanov

Il aura pu voir en passant l'ouverture du marché gastronomique et artisanal qui se tient devant le tout nouveau supermarché Auchan, ouvert dans la ville. La distribution en Russie, avec l'exemple d'Auchan doit d'ailleurs être au centre d'une table ronde économique, animée par le Cercle Kondratieff. Il aura pu croiser aussi les musiciens bénévoles du groupe Skazki qui animent dans la journée différents services et institutions de la ville.

Une magnifique exposition de photographies sur la Russie « vue du train », présentée grâce à La Russie d'Aujourd'hui et aux Chemins de fer russes dans la salle dite du réservoir de l'hôpital du Kremlin-Bicêtre (Photo ci-dessous). 

 Exposition “La Russie vue du train”.Créditsphoto : DR 

Autre exposition : la porcelaine de Saint-Petersbourg. Les salons de la Maire abritent cette exposition des plus beaux objets des années Vingt-trente et de l'époque soviétique. L'artiste Chemiakine, vivant maintenant en France, présente ses œuvres sur porcelaine.

Après la séance inaugurale, animée après les discours officiels du maire et des invités russes, par le chœur de l'université polytechnique de l'Oural Boris Eltsine, puis par la chorale de la ville, les festivaliers rejoindront le théâtre André Malraux. Une troupe d'Ekaterinbourg y présente un spectacle franco-russe de marionnettes Gribouille. Pour les autres, un ciné-club est organisé pour les trois jours dans l'institut de formation d'ingénieurs informatiques EPITA avec l'aide de l'association Vesna, organisatrice d'un festival du cinéma russophone à Paris.  Et pour ceux qui restent, un café de la ville est transformé en cabaret russe où chantent Véronika Boulytcheva vendredi, Marina et Micha Makarenko des chants tsiganes le samedi, Vadim Piankov (photo ci-dessous. Crédits photo : Maria Tchobanov) le dimanche.

Samedi ouvre l'un des fleurons du Festival : le salon du livre appelé les Journées du livre russe qui réunit une vingtaine d'éditeurs souvent spécialisés, les librairies russes de Paris, différentes associations et surtout des dizaines d'auteurs qui dédicacent leurs ouvrages et les présentent au cours de  tables rondes animées. Écrivains russophones et français se croisent dans ce salon : Agnès Desarthe, Sylvain Tesson, Guy Konopnicki et des auteurs comme Olga Slavnikova, Dmitri Bortnikov, Nicolas Bokov, Ilya Boyashov, Anatoly Koroliov...   Cette année, la très jeune littérature est à l'honneur avec la présence de six écrivains lauréats du prix « Début ». Après le Kremlin-Bicêtre, ils se rendront encore à Tours, Bordeaux, Dijon, Grenoble et Toulon. Des conférences organisées par l'association Artcorusse présentent des peintres russes émigrés à Paris. La Fondation de défense du lac Baïkal parlera du lac mythique sibérien.

En fin d'après-midi, après une table ronde géopolitique dans la grande salle de la Mairie consacrée aux vingt ans de Perestroïka et de CEI avec notamment le sénateur et ancien ministre Jean-Pierre Chevènement et l'ancien président Biélorusse Stanislav Chouchkevitch, le salon du livre se transporte dans la salle d'honneur de la mairie pour la remise du cinquième prix Russophonie. Ce dernier, créé par la Fondation Eltsine et l'association France-Oural, récompense la meilleure traduction littéraire du russe en français. La fondation Russki Mir soutient aussi ce prix qui est devenu un événement de la vie littéraire en France. Il a permis de  mettre en évidence que c'est vers le français que la littérature en russe est la plus traduite : il y a environ 50 nouvelles traductions éditées dans l'année candidates au prix russophonie chaque année. C'est bien plus que vers l'anglais (une vingtaine de traductions).

PrixRussophonie.Crédits photo : Maria Tchobanov  

Théâtre encore avec des spectacles de danse. Concert aussi de la chorale d'Ekaterinbourg en l'église du Kremlin. Ciné-club, cabaret russo-tsigane... Et soirée de danse avec notamment le meilleur DJ de Dmitrov.

Dimanche après-midi, place à la musique classique pour ceux qui ne sont ni au salon du livre, ni au cinéma. Les lauréats d'un concours international de piano, créé en l'honneur d'une pianiste française, Véronique Lautard Chevchenko, à Novossibirsk, devaient se produire dans la salle du Conseil municipal. Ils précèdent la chanteuse bouriate mezzo-soprano Olga Zhigmitova, cantatrice à l'opéra de Vienne, qui chante des chants bouriates puis des romances classiques russes et françaises.

Au théâtre, une lecture de Pouchkine pour jeunes spectateurs clôture le festival avant la touche finale apportée au cabaret Kabice par Vadim Piankov.

Conditions : en dehors du théâtre André Malraux, l'entrée à toutes les manifestations du festival se fait grâce à un pass qui coûte 8 euros pour deux jours et cinq euros pour un jour. 

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