12 merveilles russes

Le Nouvel An est une fête préférée des Russes. Le 31 décembre à minuit, des millions de Russes s'attablent et lèvent leur verre de champagne. On considère que la dernière nuit de l'année est la plus féérique de toutes. Les enfants attendent Le Père Gel (le Père Noël russe), et leur petit cœur bat à tout rompre tandis qu’ils cherchent leurs cadeaux sous le sapin. Quant aux adultes, ils formulent les souhaits les plus secrets.

Vacances pour tous


 

Les enfants ne sont pas les seuls à recevoir des cadeaux pour fêter la nouvelle année en Russie. Bien que ces derniers temps, les employeurs sollicitent de plus en plus leurs employés et que quelques oligarques se soient mis en tête de faire passer la journée de travail à 12 heures, voilà tout de même cinq ans que tous les Russes reçoivent en cadeau du gouvernement dix jours fériés payés. Depuis 2005, les vacances du Nouvel An en Russie durent du 1er au 5 janvier ; en prenant en compte le week-end et Noël (qui se fête le 7 janvier), cela fait 10 jours au total, au cours desquels chacun peut se reposer, loin du désordre des jours ouvrés, et enfin dormir tout son soûl. Les employeurs tentent régulièrement d'obtenir la suppression de ces vacances, pendant lesquelles les entreprises n’engrangent aucun bénéfice tout en payant leurs salariés.  Mais tant que les fonctionnaires bénéficieront eux aussi de ces vacances, leur disparition est bien improbable.

Une renaissance


 

Ceux qui ont décidé de fêter le Nouvel An à la campagne le font pour une raison bien précise, le bania russe. La tradition qui veut que l'on aille au bania date de dix siècles, du temps de la Rus, et elle reste bien vivante aujourd'hui. Cela peut être une rude expérience pour ceux qui n'y sont pas préparés. Dans les bains russes, il fait très chaud. Et votre hôte aura sans doute la délicate idée de vous offrir le banc du haut pour vous allonger – là où il fait le plus chaud. Puis, on vous fouettera naturellement  à l'aide de branches de bouleau, rendant l'air plus ardent encore. Sortant de l'étuve, il vous faudra « faire trempette » dans la neige, ou vous glisser dans l'eau gelée de l'étang le plus proche à travers  un trou creusé dans la glace. Si vous avez le cœur fragile, mieux vaut refuser. Mais si votre organisme vous le permet, jetez-vous courageusement dans la congère la plus proche du bania. Si vous n'avez pas abusé des breuvages que l'on aura pu vous offrir, vous ressentirez alors une sensation unique de bien-être après votre visite au bania. Certains le vivent une renaissance : chaque parcelle de votre organisme se sentira vigoureusement rajeunie, et les rêves qui suivront seront si puissants et si sains qu'à votre réveil, vous ressentirez une vigueur colossale. 

Une cathédrale aux portes du Kremlin



Pour voir la prochaine merveille, il suffit de se rendre sur la Place rouge, à Moscou. Vous y verrez la cathédrale Basile le Bienheureux, véritable chef d'œuvre d'architecture. Inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, elle se compose de huit chapelles, regroupées autour d'une neuvième, élevée en l'honneur de la Sainte Mère de Dieu. En 1588, une autre petite chapelle fut ajoutée, vouée à Basile le Bienheureux, et en 1670, on posa un clocher en forme de pyramide. Plus tard furent construits des dépendances, des couvertures pyramidales sur les perrons, des coupoles savamment ciselées, et la cathédrale fut entièrement peinte, à l'intérieur comme à l'extérieur.

Si les architectes auxquels le tsar Ivan le Terrible avait passé sa commande avaient su, au XVIème siècle, comment le Tsar devait les remercier, ils n'auraient probablement pas achevé leur œuvre et se seraient enfuis à toutes jambes. Selon la légende, Ivan le Terrible qui régnait sur la Rus, eut le souffle coupé devant cette église, à tel point qu'il décida de rendre aveugles ceux qui l'avaient réalisée, afin qu'ils ne puissent plus jamais en construire de similaire, où que ce soit. Une autre légende raconte toutefois que l'un des créateurs de la cathédrale aurait participé plus tard à la construction du Kremlin de Kazan. 

L'édification  même de cette église est un miracle. À l'époque de l'assaut lancé contre Kazan, qui n'était pas encore soumis à Moscou, un diacre récita  au cours d'un repas ces versets bibliques : « Oui : il n'y aura qu'un troupeau et qu'un pasteur ». On raconte que c'est à cet instant précis qu'une partie des murs de la forteresse de la ville ennemie aurait cédé et que les troupes russes se seraient engouffrées dans Kazan. L'église a été construite pour célébrer la prise de Kazan, et est devenue avec le temps la cathédrale Basile le Bienheureux.

À deux pas du ciel



S'il est une merveille naturelle en Russie, c'est bien le Mont Elbrouz, le plus haut sommet européen. Il dépasse les 5.500 mètres d’altitude. L’Elbrouz agit  comme un aimant pour les alpinistes du monde entier. Vaincre l’Elbrouz est une victoire des plus prestigieuses, mais tous n’y parviennent pas. 12 000 à 18.000 personnes en ont atteint le sommet par différentes routes, un millier d’aventuriers y a laissé la vie.

L’Elbrouz est l’Olympe du Caucase. Les habitants locaux croyaient que le dieu Teïri y avait élu domicile et veillait de là-haut sur ses fidèles. Des rivières de montagnes prennent source sur les flancs de la montagne, ainsi que des sources d’eau minérale aux vertus curatives, qui font la gloire du Caucase. Les villageois y organisaient des épreuves de force, d’agilité et d’éloquence. Et l’un des héros principaux des poésies épiques locales, à l’instar de Prométhée, a apporté le feu à ses semblables. 

La plus grande réserve d’eau


 

Parmi les merveilles naturelles, on compte également le lac Baïkal. C’est le lac le plus profond de la planète, qui descend jusqu’à 1.642 mètres, et la plus grande réserve d’eau douce au monde. Sa superficie équivaut à la Belgique, aux Pays-Bas ou au Danemark. Avec 19% des réserves d’eau douce de la planète, il a une contenance plus importante que les cinq Grands lacs réunis.

Sept géants



 

La nature offre encore un chef d’œuvre : les colonnes nées de l’érosion dans la république des Komi. Seuls les touristes bien préparés peuvent les atteindre. Il y a 200 millions d’années, des montagnes se tenaient à leur place. La pluie, le vent, la neige et la chaleur ont lentement érodé les montagnes. Elles ont aujourd’hui des formes capricieuses qui, en fonction du lieu d’où on les observe, font penser aux visages de grands personnages ou à des têtes de chevaux ou de moutons.

Selon une légende, les colonnes étaient, il y a fort longtemps, des géants. L’un d’entre eux serait tombé amoureux d’une femme très belle, la fille du chef d’une tribu locale, avec qui il entretenait des relations toutes amicales. Mais la jeune fille rejeta le géant, et pire encore, elle rit de lui. Le géant offensé appela ses frères à sa rescousse, et tous ensemble ils prirent d’assaut le village où vivait la jeune fille.  Le frère de cette dernière, aidé de bons génies et d’un bouclier aux pouvoirs magiques, changea les géants en pierre.

On a perdu la nuit !



La nature n’a pas fini d’offrir des surprises dans le nord de la Russie, en particulier à Saint-Pétersbourg. Au mois de mai, pendant  deux à trois semaines, la nuit disparaît, laissant la place à un crépuscule relativement clair.  « Les nuits blanches » sont du meilleur effet sur les touristes : bon nombre d’entre eux restent à dessein dans les rues pour y lire le journal. Le 27 mai, on célèbre le Jour de la création de la ville et dans la deuxième quinzaine de juin se déroule également la fête des jeunes diplômés qui quittent l’école secondaire, une fête appelée Alié Paroussa. Des groupes populaires jouent sur la plus grande place de la ville, tandis que de grands voiliers paradent, tendus de voiles de couleurs.

Les Pétersbourgeois pour leur part attachent moins d’importance aux phénomènes naturels et préfèrent s’endormir comme à leur habitude, laissant les nuits blanches de l’autre côté des rideaux. 

La plus haute de toutes


 


La statue de la Mère Patrie, construite en 1967 sur le kourgane Mamaïev, près de Volgograd, (l’ancienne Stalingrad) mesure 85 mètres de hauteur. Elle est aujourd’hui la septième tour la plus haute du monde. Le kourgane Mamaïev tire son nom de l’époque de la Horde d’Or. Des gardes patrouillaient au sommet. Un cavalier surveillait le danger depuis la crête. En 1942, le kourgane devint la principale hauteur de la Russie : colline la plus convoitée de la bataille de Stalingrad, elle passa à plusieurs reprises de mains en mains. Le combat pour cette colline qui n’atteint que 110 mètres de hauteur a duré 135 jours. La statue de la Mère Patrie célèbre aujourd’hui l’héroïsme des soldats soviétiques qui ont arrêté les Nazis sur la Volga, protégeant la vie et la liberté des peuples de l’ex-URSS et de nombreux Asiatiques.

Une semaine sur les rails


 


Certains craignent plus que tout les vols en avion. Ils rejoignent avec plaisir leur lieu de villégiature en train. Il n’y a qu’en Russie que l’on peut faire un voyage touristique en train long d’une semaine tout en restant dans le même pays. Le transsibérien est la plus longue voie ferrée du monde. Elle s’étend sur 9.000 kilomètres et est bordée de 80 villes. Sa construction a débuté au XIXème siècle mais son électrification n’a été complétée qu’en 2002. Le train Kiev-Vladivostok effectue le plus long trajet sans arrêt au monde et met près de 188 heures pour relier les deux villes. Le train le plus rapide pour aller de Moscou à Vladivostok met six jours et deux heures.

Le filtre le plus important de la planète


 

En plein cœur de la Sibérie se trouve le grand marais de Vassiougan, l’un des plus vastes de la planète. Il s’étend sur 53.000 km², soit la taille de la Suisse. Malgréleur image lugubre, ces marais  jouent un rôle primordial dans la purification de l’atmosphère. Le marais de Vassiougan est un immense filtre naturel qui nettoie l’atmosphère en absorbant les substances toxiques, en assemblant le carbone et en prévenant l’effet de serre.

Le souffle des volcans éteints


 


Au printemps 1941, au Kamtchatka, une vallée unique fut découverte : la vallée des geysers. C’est un spectacle féérique de fontaines d’eau bouillante sortant de la terre sur fond de végétation luxuriante. Plus de 200 sources thermales sont disséminées à travers la vallée, parmi lesquelles environ 90 geysers.

En 2007, un glissement de terrain très important a bouché le cours de la rivière des geysers. Au final, le lac a inondé une partie des geysers, deux des trois héliports ont été détruits ainsi que des installations touristiques. Mais quelques coins uniques de nature ont survécu, et une vingtaine de sources naturelles d’eau bouillante sont toujours en action.

La plus grande baie de Russie


 

Le Kamtchatka n’est pas connu uniquement pour ses geysers. On y trouve également la baie d’Avatcha, la deuxième au monde par sa profondeur, capable d’accueillir toute la flotte mondiale. Elle mesure environ 215 km².

Le long de la rive nord de la baie se trouve la ville de Petropavlosk-Kamtchatski. Le port est alimenté toute l’année par des bateaux de pêche et de marchandises. On y trouve également une base de la marine de guerre de Russie.

Ce merveilleux coin de nature a lui aussi sa légende. Les rochers des « Trois frères » gardent l’entrée de la baie. Selon la légende, il y a fort longtemps, les rochers étaient des hommes. Les habitants de la région subissaient régulièrement des tsunamis et trois frères auraient décidé de se protéger, eux et leurs proches. Debout à l’entrée de la baie, ils auraient arrêté les vagues meurtrières, mais auraient alors ététransformés en pierre.

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