Wikileaks : 
rien de bien nouveau sous le soleil

Crédits photo : Reuters/Vostock photo

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La presse russe publie avec délectation les observations des diplomates américains sur l’état des affaires en Russie, car ces 
«révélations» démontrent qu’ils se savent rien de plus que les journalistes. La presse se nourrit des fuites et de la manipulation de documents compromettants. Ce sont les diplomates qui en prennent pour leur grade

Trop de savoir tue le savoir


Maxime Troudolioubov
Vedomosti

 

Je suis heureux que les États soient soumis à la levée de secrets, mais je sais que je ne veux pas tout savoir. La transparence totale n’existera jamais parce que personne n’en veut. La soif de savoir est vite remplacée par la lassitude de l’information. Nous réglons des filtres pour n’entendre que ce que nous voulons, nous nous entourons de nos semblables en méconnaissant ceux qui nous ressemblent. Ce n’est qu’une première impression que l’information devient plus accessible. L’accessibilité et la gratuité du savoir créént une réaction de défense.

Les vrais gestes qui trompent


Stanislav Minine
Nezavissimaïa gazeta

Quand Berlusconi rigole d’être traité d’obsédé sexuel dans l’une des dépêches et le Kremlin déclare qu’il n’y a rien d’intéressant dans WikiLeaks, ce n’est pas une manière de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Ils savent qu’il n’y a pas de confiance totale en diplomatie, mais juste un jeu d’intérêts, enveloppé dans des rituels. Les « bons gestes » s’adressent à l’opinion et aux médias. On peut se mettre d’accord très concrètement sans se faire confiance du tout, à condition de respecter les rituels publics. Mais la crédibilité de ces gestes est entamée.

Révélation de secrets de polichinelle

 

Dmitry Orechkine
Kommersant

La corruption est un secret de Polichinelle. Le président Medvedev lui-même a mentionné le trillion de roubles détournés par les fonctionnaires. De même, il est naïf de s’indigner de ce que les diplomates disent dans le dos les uns des autres. Ça fait partie du jeu. Ce qui va se passer, c’est que la routine diplomatique élaborée pendant des siècles va radicalement changer, dans un contexte de transparence de l’information. Le problème, c’est que toutes ces fuites ne peuvent pas être vérifiées et créent des possibilités inouïes de manipulation massive.

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