Les icônes sauvées par des «conservateurs anonymes»

Le Patriarche Kirill aspergeant d’eau bénite l’icône du Sauveur.Crédits photo : www.patriarchia.ru

Le Patriarche Kirill aspergeant d’eau bénite l’icône du Sauveur.Crédits photo : www.patriarchia.ru

La date est hautement symbolique. Le 4 novembre 1612, les milices populaires qui, sous la conduite de Minine et Pojarsky, avaient vaincu les Polonais occupant Moscou, sont entrées au Kremlin par les tours ornées d’icônes pour libérer la Russie des envahisseurs étrangers. C’est dire si elles étaient chargées de signification historique, le 4 novembre devenant récemment un jour férié dit de « l’unité du peuple ».

Or, on pensait que ces fresques du XVIème siècle avaient à jamais disparu dans les chamboulements de l’histoire. Mais la Providence fait parfois bien les choses.

Après plus de 90 ans, les icônes du Sauveur et de Nicolas-le-Thaumaturge, saint patron de Moscou, emmurées par « des conservateurs anonymes » qui avaient refusé de les détruire, ont été retrouvées puis restaurées.

L’icône de Saint-Nicolas a toute une histoire à elle seule. Lors de la guerre patriotique de 1812, les troupes françaises, en quittant la ville, font exploser la tour Saint-Nicolas, détruite jusqu’à la hauteur de l’icône... La révolution de 1917 laisse « Saint-Nicolas » criblé de balles. Son visage est épargné mais il perd sa main droite, celle qui « tenait Moscou ».

C’est ainsi qu’est reproduite l’icône qui aurait accompagné l’amiral Koltchak pendant toute sa campagne anti-bolchevique avant d’échouer à Genève, où l’évêque Michel l’a confiée à l’historien Mikhaïl Yakoutchev.

À Moscou, celui-ci se heurta au scepticisme général. Personne ne voulait croire que les icônes se cachaient toujours derrière le plâtre blanc.

Mais toujours à Moscou, cependant, quelqu’un savait : Ivan Сhakhovskoï, un fils d’émigrés russes blancs revenu vivre en Russie. Il explique : « c’est mon grand-oncle Yuri Olsouliev qui avait été chargé de détruire les fresques. En les emmurant, il a trouvé le moyen à la fois de les préserver et de suggérer, aux générations à venir, que les icônes étaient toujours là » . Comme quoi il n’est pas interdit de croire aux miracles, surtout en période de Noël.

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