Les PME emboîtent le pas aux grandes entreprises

Crédits photo : DPA/Vostock-Photo

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Évolution des échanges commerciaux

Une avalanche d’acquisitions (Schneider Electric, Danone, Sanofi Aventis, Lafarge), de prises de participation ( Renault, GdF Suez), de gros contrats (Alstom, Air Liquide, Vinci), d’ouvertures d’usines (Peugeot Citroën, l’Oréal, Air Liquide) ou encore de magasins (Auchan) ont fait défiler pratiquement tous les patrons du CAC 40 à Moscou. Mais derrière les gros titres de la presse économique, l’année 2010 a aussi vu se profiler des tendances nouvelles tout aussi intéressantes.

En premier lieu, il s’agit du réveil opéré par le tissu des petites et moyennes entreprises françaises, qui ont mis bien plus de temps que leurs pairs italiens et allemands à prendre conscience de l’intérêt du marché russe. UBIFRANCE, l’Agence française pour le développement international des entreprises, a profité de l’Année croisée pour multiplier les manifestations destinées à faciliter l’entrée des PME françaises sur cette terra incognita qu’était pour la plupart d’entre elles la Russie. « L’image de la Russie n’est pas vraiment bonne » , déplore Philippe Pegorier, qui dirige la mission économique de Moscou.


« Les Français ne connaissent pas suffisamment la Russie actuelle et restent toujours sur des clichés datant des années 90. D’ailleurs, dans l’autre sens, il existe aussi un fort décalage. L’image de la France, c’est celle d’une destination de vacances, pas d’un pays avec lequel on peut faire des affaires. Par conséquent, l’activité d’UBIFRANCE a consisté à travailler sur l’image des deux pays».

L’agence a en particulier organisé deux manifestations de grande échelle: le salon « Art de vivre à la française », qui a fait venir 170 exposants hexagonaux à Moscou, dont une bonne moitié pour la première fois ; et le Salon des vins & spiritueux, fin novembre, également à Moscou, afin de faire rattraper un certain retard commercial sur les concurrents.

UBIFRANCE envisage de pérenniser ces manifestations pour garder l’élan pris grâce à l’Année croisée. « Les relations politiques entre Moscou et Paris sont très bonnes, il s’agit d’en profiter pour dynamiser les échanges commerciaux » , estime Philippe Pegorier. Il y a comme une deuxième vague après l’arrivée des grands groupes : la foule de leurs sous-traitants, des PME françaises, par exemple les équipementiers automobiles, qui cherchent à fournir les usines de PSA ou de Renault. « Les autorités russes voient cela d’un très bon œil, puisque cela crée des emplois et apporte des technologies nouvelles dans l’industrie russe », dit M. Pegorier selon qui deux pôles d’excellence française ont un fort potentiel en Russie, à savoir les fournisseurs d’équipement pour l’agriculture et les PME spécialisées dans les hautes technologies.

Influencer la 
modernisation

La création d’un Centre Franco-Russe pour l’Efficacité Energétique (CFREE) le 9 décembre va faciliter la création d’un environnement favorable à la coopération des entreprises des deux pays en la matière. «L’idée est de promouvoir les compétences françaises », explique une source à l’ambassade de France à Moscou. « Le CFREE n’a pas vocation à être incontournable, mais à influencer ».

Les groupes français forment une chaîne complète de l’efficacité énergétique, de la production avec des groupes comme ( Total) au transport de l’énergie (Alstom) et à l’équipement électrique (Schneider, Legrand). S’est déjà attelé à ce marché en fondant une co-entreprise avec le russe Inter RAO. Avec un modèle original: il s’agit d’équiper gratuitement un industriel avec du matériel permettant une importante économie d’énergie et de percevoir en échange des revenus basés sur un pourcentage des économies réalisées. EdF intervient en tant qu’investisseur et espère bien séduire un grand nombre d’industriels russes. C’est une situation unique où les groupes français ne sont pas en compétition les uns avec les autres mais se complètent et s’associent pour améliorer l’efficacité énergétique. La taille du marché russe, de loin le plus important au monde, galvanise d’autant plus cette coopération.



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