Poutine : le régime des visas empêche un partenariat intégral avec l'UE

Crédits photo : ITAR-TASS

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Le premier ministre Vladimir Poutine s'est exprimé sur l'avenir de la coopération entre la Russie et l'Europe. Dans une tribune publiée par le journal allemand Süddeutsche Zeitung, le premier ministre a évoqué les possibilités d’avancées conjointes dans les domaines de l'éducation, de la régulation douanière et du système de visas.

Le Premier ministre russe appelle l'Union européenne (UE) à fixer un délai précis pour la suppression des visas. Le chef du gouvernement russe estime qu'un véritable partenariat sur le continent européen est impossible tant que demeurent des barrières entravant les contacts humains et d'affaires, rapporte RIA Novosti.

Plus tôt, le président russe Dmitri Medvedev avait déclaré, au sortir d'un sommet Russie-UE que rien dans ses relations avec l'UE ne retenait la Russie d'annuler l'obligation de visas, « dès demain s'il le faut ». Le prochain sommet UE-Russie, qui se tiendra le 7 décembre à Bruxelles, pourrait apporter une réponse à cette question.

Pour l'instant, comme l'écrit le Premier ministre, rien n'est encore clair : « Les organes chargés d'appliquer la loi n'ont simplement pas la motivation suffisante pour résoudre les questions posées par le passage à un régime sans visa ».

Selon Vladimir Poutine, l'un des principaux problèmes que la Russie et l'Europe pourraient résoudre ensemble touche à la pénurie de travailleurs spécialisés dans des domaines techniques, qui, d'après le chef du gouvernement russe, pourrait entrainer la fermeture de nombre d'entreprises en Russie et en Europe.

« Nous avons de moins en moins de jeunes gens talentueux, que ce soit en Europe ou en Russie, qui souhaitent recevoir une formation technique. Ils n'entrevoient aucun avenir en tant qu'ingénieur ou ouvrier qualifié. Ils choisissent d'autres spécialités, qui requièrent parfois des qualifications inférieures. C'est pourquoi, après les usines, ce sont les bureaux de construction et les compagnies d'ingénierie qui ont commencé à quitter notre continent », cite RIA Novosti.

Il a en outre souligné qu'il serait bon que la Russie et l'UE encouragent l'augmentation des échanges entre étudiants, professeurs et enseignants, et les contacts entre jeunes chercheurs et spécialistes. De son côté, la Russie est prête à proposer aux universitaires européens de mener des études dans les universités russes. Il a également rapporté que la Russie attendait en retour des engagements de ses partenaires dans la science et les infrastructures d'innovation russes.

Soulevant la question de l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), le premier ministre a appelé l'UE à lever tous les obstacles empêchant l'adhésion de la Russie et a proposé une harmonisation de la législation et des procédures douanières.

« De fait, nous disposons d'un marché continental de milliers de milliards d'euros. Il est clair que pour commencer, il faudrait lever toutes les barrières qui demeurent avant l'adhésion de la Russie à L'OMC. Ensuite, il conviendrait d'harmoniser la législation et les procédures douanières, et de procéder à une régulation technique. La réalisation de ces projets vise à éviter le goulot d'étranglement dans le domaine des infrastructures de transport en Europe », peut-on lire dans la tribune de Vladimir Poutine.

La publication de l'article « La Russie et l'Europe, des leçons de la crise au nouvel ordre du jour du partenariat » coïncide avec la participation de Vladimir Poutine au IVème Forum économique des dirigeants et top-managers de grandes compagnies russes, organisé par le Süddeutsche Zeitung, les 25 et 26 novembre.

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