Derrière l’énigme des routes inachevées

Infrastructures trop chères, trop rares. Crédits photo : RIA Novosti

Infrastructures trop chères, trop rares. Crédits photo : RIA Novosti

L’agence Ria Novosti a publié en octobre une étude comparative des coûts de construction routière entre Moscou, les autres régions de Russie, l’Union européenne, les États-Unis et la Chine. Les écarts sont frappants. C’est en Chine que les routes coûtent le moins cher : 2,2 millions de dollars au kilomètre. Les États-Unis et l’UE viennent en deuxième position avec près de 6 et 7 millions de dollars respectivement. Le coût de construction des routes en Russie est parmi les plus élevés d’Europe, chaque kilomètre revenant à 17,6 millions de dollars. Mais cette somme n’est pas grand-chose en comparaison du tarif dans la capitale : 51,7 millions.

« En Occident, on calcule le coût du kilomètre en fonction des matériaux utilisés et du travail fourni. En Russie, le coût réel comprend l’achat du terrain et la reconstruction de l’infrastructure et des services publics sur ce terrain », explique Maxime Bakchinski, directeur général adjoint pour le développement de la société de travaux publics Mostotrest. « Les clients qui commandent la réalisation d’une nouvelle route doivent embaucher un entrepreneur qui effectuera non seulement les travaux de construction, mais prendra également en charge tous les aléas administratifs pour réaliser ce projet « clés en main ». Et dans Moscou, à tout cela s’ajoute le prix du terrain, qui est très élevé », poursuit Bakchinski. La capitale russe représente aujourd’hui un enchevêtrement de tuyaux, de fils électriques et de lignes téléphoniques dont les responsables sont souvent différents. Et la bureaucratie russe n’a jamais facilité les procédures : « il faut reloger des dizaines de propriétaires, démolir les bâtiments, et dévier les tuyaux d’égout, de gaz et des lignes téléphoniques enfouies sous 20 mètres sous de terre. Le coût de notre dernier projet moscovite s’est élevé à 2,2 milliards de dollars pour 5 km de route ».

Même si la mairie aide l’entrepreneur à acheter les terrains à des prix raisonnables, c’est à ce dernier de mener des négociations avec les propriétaires et effectuer les démarches kafkaïennes pour le transfert de la propriété vers le compte de la mairie.

D’une certaine manière, le coût trop élevé de la construction routière illustre tout ce qui ne va pas en Russie aujourd’hui.




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