« Touche pas à ma forêt » : de l’écologie à l’idéologie






L’État y trouvera son compte quoi qu’il adviennegazeta.ru
En vertu des lois non écrites d’un État-corporation, le gouvernement ne peut pas annuler la construction : ce serait priver ses « amis » de prime et se laisser tenir en bride par l’opinion. Quelle que soit l’issue de l’histoire, il est clair que le pouvoir retournera la situation en sa faveur. Accepter la position des défenseurs de la forêt est dangereux, ce serait créer un précédent menant à d’autres protestations. En revanche, désormais le pouvoir pourra faire traîner l’affaire en longueur, en attendant de trouver des compensations pour ses partenaires commerciaux.



Balivernes pour une forêt
Moskovsky komsomolets
Les défenseurs de la forêt n’acceptent que l’alternative du tunnel, malgré les risques écologiques. L’explication est simple : à la tête des défenseurs, Tchirikova n’est pas qu’une politicienne, mais aussi une femme d’affaires. Elle est actionnaire de deux sociétés de construction de tunnels. La forêt n’est pas défendue par les vrais écologistes, ni par les habitants de Khimki. Il s’avère que les activistes de la défense ne résident pas, pour la plupart, à Khimki, mais à Moscou, où ils préfèrent manifester, d’ailleurs. La forêt n’est qu’un prétexte.



Le rock n’est plus contestataire
Nezavisimaya gazeta
Les actions de l’opposition, sous le slogan douteux de « Nous vivons tous dans la forêt de Khimki », n’ont attiré l’attention que grâce à la participation de Chevtchouk. Mais le musicien a fait un mauvais calcul de marketing. La politique à la place de la musique, ça effraye. L’ère du rock’n’roll engagé est révolue. Et le concert gratuit de Chevtchouk place Pouchkine en est un exemple criant : les centaines de participants sont un succès pour l’opposition, mais, il faut l’admettre, un fiasco pour une star du rock qui remplissait il y a peu des stades entiers.



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