Les hôtels montrent patte blanche

Moscou a choisi de s’inspirer des systèmes européenset délaissé la classification soviétique.Crédits photo : Ioulia Mayorova, RG

Moscou a choisi de s’inspirer des systèmes européenset délaissé la classification soviétique.Crédits photo : Ioulia Mayorova, RG

Les hôteliers russes n’achèteront plus leurs étoiles sur le marché aux puces. Le ministère du Tourisme a déclaré le 29 juin que l’obtention de la certification pour les complexes hôteliers serait obligatoire et non plus « volontaire » comme c’était le cas jusqu’ici.

La Russie compte 471 hôtels certifiés, soit seulement 10% du chiffre total. À Moscou, seuls 31 hôtels possèdent des étoiles. Principal problème : l’absence de normes internationales. Trente systèmes nationaux de classification d’hôtels existent, et aucune homogénéisation n’est en vue, se désole Sergueï Korneev, membre de l’Union russe de l’industrie touristique.

Moscou a choisi de s’inspirer des systèmes européens et délaissé la classification soviétique. La nouvelle méthode prend en compte tous les critères possibles et propose cinq catégories. Les catégories des hôtels seront évaluées par un comité spécial, composé de représentants de l’Agence fédérale du tourisme et d’autres ministères.

Le classement sera payant, et la certification obligatoire devrait coûter moins que la « classification volontaire » qui, selon les données de l’Agence russe de droit et d’information judiciaire, coûte actuellement environ 1 500 dollars pour des hôtels à trois ou quatre étoiles avec moins de 100 chambres.

Obtenir un statut correct dans la nouvelle grille ne sera pas à la portée de tous. « Les nombreux hôtels situés dans des bâtiments anciens seront contraints d’investir des fonds considérables dans la reconstruction et l’équipement supplémentaire pour obtenir le nombre d’étoiles qu’ils désirent », indique Evguenia Toutchkova, consultante immobilière. De leur côté, les pouvoirs publics devront veiller à ce que le processus de classification ne soit pas entaché de corruption.

Article paru initialement dans The Moscow Times

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