Du pétrole et des stations de ski

Un nouveau projet promet la création de 400 000 emplois,la construction d’un complexe pétrolier en Tchétchénieet plusieurs de stations de ski. Crédits photo : Max Novikov

Un nouveau projet promet la création de 400 000 emplois,la construction d’un complexe pétrolier en Tchétchénieet plusieurs de stations de ski. Crédits photo : Max Novikov

Le Premier ministre Vladimir Poutine a dévoilé le 6 juillet dernier un ambitieux programme de développement pour la région du Caucase du Nord. Mais il s’est montré discret sur la façon dont le gouvernement compte lutter contre la corruption généralisée et le népotisme qui étouffent le développement des entreprises et sont un obstacle à l’équilibre de cette région instable.

Dans son discours, le chef du gouvernement a annoncé des investissements de 27 milliards de dollars dans le développement du Caucase du Nord, ce qui permettra de créer 400 000 emplois dans la région au cours des dix prochaines années.

« Le chômage chronique est sans doute la plus grande et la plus grave catastrophe sociale et psychologique du Caucase du Nord », a déclaré Poutine, précisant qu’un cinquième de la population de la région ne peut pas trouver d’emploi.

Après plusieurs années d’un calme relatif, une série d’attentats l’an dernier a fait revenir le Caucase du Nord au rang de problème numéro un du Kremlin.

Alexandre Khloponine, nommé à la tête du district fédéral de la région par le Président Dmitri Medvedev cette année, a proposé au cabinet de Poutine le mois dernier un vaste programme de développement pour la région sur 15 ans.

Le Premier ministre a déclaré qu’un réseau de stations de ski – le projet favori de Khloponine – va s’étendre « de la mer Caspienne à la mer Noire ».

« Ces stations pourront accueillir jusqu’à 100 000 touristes à la fois et permettront de créer environ 160 000 emplois dans la région », a indiqué Poutine, qui a qualifié ce plan de « projet économique réaliste et vivant », précisant qu’il pourra également attirer les investisseurs privés russes et étrangers.

Jusqu’à présent, les investisseurs privés étrangers étaient réticents quant à l’idée de s’impliquer financièrement dans le Caucase du Nord, où les forces de l’ordre et les militants islamistes s’affrontent presque tous les jours, dans une sorte de guérilla de faible intensité.

Poutine a annoncé que 65 millions de dollars seraient alloués au projet de construction des stations de ski cette année.

Une raffinerie de pétrole, ouverte récemment par la compagnie d’État Rosneft en Tchétchénie, fera de cette république de Caucase du Nord un nouveau centre de l’industrie pétrolière russe, selon le Premier ministre. La raffinerie devrait entrer en service en 2014, et le gouvernement prévoit d’investir 550 millions de dollars dans ce projet, a-t-il déclaré.

Le gouvernement compte également donner des garanties d’État pour un maximum de 70% des prêts relatifs aux projets de développement dans le Caucase du Nord, ce qui va coûter 200 millions de dollars au budget fédéral, a estimé Poutine.

Le Premier ministre russe a ajouté que cette région devrait faire partie d’un corridor de transport intercontinental, reliant l’Europe aux États du golfe Persique et aux pays d’Asie centrale.

Dans ce but, le port maritime de Makhatchkala, la capitale du Daguestan, va devenir une plaque tournante du transport naval russe. En fixant ces objectifs ambitieux, Poutine a minimisé les problèmes de la sécurité dans la région, affirmant que les militants sont en train de « dégénérer » en bandes criminelles, dont « le temps est compté ». Il a également affiché sa méfiance envers la société civile. Il s’est attaqué une nouvelle fois aux groupes de défense des droits de l’homme, qui critiquent souvent sa politique dans le Caucase du Nord.

« Nous avons besoin d’un dialogue constant et substantiel avec les organismes de défense des droits de l’homme », a dit le Premier ministre. « Évidemment, parmi eux, il y a un grand nombre de personnes qui reçoivent un financement de l’étranger ».

Politique à part, Moscou mise indéniablement sur le développement économique pour neutraliser l’agitation qui profite du marsame actuel.

Article paru initialement dans The Moscow Times

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