Rien ne vaut la datcha pour se remettre au vert ! (+Diaporama)

La datcha, c’est le ballon d’oxygène des citadins russes.Crédits photo : Legion Media

La datcha, c’est le ballon d’oxygène des citadins russes.Crédits photo : Legion Media

C’est un exode rituel. Les voitures s’extirpent des grandes villes chargées de jeunes et de moins jeunes, de chats et de chiens, de vieux vêtements, frigos, matelas et tout ce qui peut servir loin de la civilisation. On fuit la pollution et la grisaille pour un retour à la nature hebdomadaire. De préférence pendant la belle saison.

Qu’est-ce qu’une datcha traditionnelle ? Un lopin de 600 m², situé entre 50 et 200 km du domicile urbain, avec quelques buissons, des pommiers et un potager, une maison en bois sans téléphone ni eau courante, et des toilettes à l’extérieur. Il est vrai que pendant la dernière décennie, de fastueuses résidences secondaires ont été érigées dans les secteurs à datchas, avec des colonnades, balustrades et autres fastes, mais ces constructions n’ont plus rien à voir avec les datchas traditionnelles.

Pour « l’homo sovieticus », la datcha était sa propriété privée dans un pays où celle-ci était niée. C’était le seul moyen d’échapper momentanément au contrôle total sur la société. « J’étais à la datcha » justifiait une longue absence, une sorte d’émigration interne.

La datcha met aussi du baume sur les chamailleries familiales, c’est le lieu du consensus. Elle offre un bouquet d’activités qui met tout le monde d’accord. « Nous allons à la datcha », et tout est dit. Le mari plante des clous, la femme des tomates, les enfants et les chiens sont lâchés en liberté...

La datcha nourrit aussi ses occupants, ce qui n’était pas rien à l’époque soviétique où le déficit chronique de produits dans le commerce était compensé par les légumes récoltés sur son lopin de terre et mis en bocaux (voir la recette en p.12). Les concombres marinés à la maison ou la confiture faite avec les framboises du jardin restent incomparablement plus savoureux que ce que l’on achète en magasin.

C’est aussi le lieu idéal du rituel des brochettes (chachlik), la dégustation de viande prisée dans toute l’ex-URSS. Et comme le chachlik, c’est meilleur en groupe, il fournit une bonne raison d’inviter des amis. La vie à la datcha est telle qu’on ne se rend pas compte qu’il est déjà temps... de retourner en ville.

Crédits photo : Vostock Photo et Anis Boroznova


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