L’échange inégal

Le feuilleton d’espionnage qui s’est achevé par un échange d’agents secrets sur le tarmac de l’aéroport de Vienne a suscité autant de colère que de rire. À Moscou, on a d’abord crié à la provocation, avant de s’interroger sur le professionnalisme des espions qui n’ont même pas réussi à se faire accuser d’espionnage par le tribunal américain.

Le slip de James Bond
Ekaterina Deeva
Moskovsky Komsomolets
La voiture, la maison et les comptes en banque, telle était l’occupation principale de nos agents. Ils faisaient des rapports, bien sûr, mais de telle manière qu’après sept ans de filature on manquait de preuves tangibles pour les accuser d’espionnage. Doit-on reprocher aux inculpés de s’être passionnés pour les affaires et les parterres de fleurs ? Plus personne ne travaille pour des idéaux. Mais c’est quand même vexant. C’est comme si James Bond avait ouvert sa super-valise pour n’y trouver qu’un slip et du poulet enrobé dans de l’alu.



On échange ?
Andreï Vladimirov
Itogui
Il y a des raisons de se réjouir : les deux parties ont fait preuve d’un esprit d’ouverture et d’une capacité de s’entendre incroyables. L’échange d’espions montre que la relance des relations russo-américaines est un fait. Chacun est obligé de faire de sérieux compromis, d’aller contre ses principes, parfois contre sa propre loi. Mais le jeu en vaut la chandelle. Ce n’est pas le scénario d’un grand thriller, certes, plutôt une parodie comique. Mais la comédie, c’est mieux qu’un film de guerre. Au moins quand il s’agit des relations entre deux puissances atomiques.



Agents anonymes
Éditorial
Vedomosti
Le ministère des Affaires étrangères soupçonne les États-Unis d’avoir choisi « élégamment » le moment pour arrêter les espions : la fin de la visite de Medvedev à Washington, pour en gâcher l’impression et ralentir la relance. Sans aucun doute, il y a des gens dans l’« establishment » américain qui sont hostiles à la Russie et ne veulent pas d’une relance des relations. Il se peut que le scandale ait été organisé par eux, mais très mal préparé. De toute évidence, l’affaire est aussi préjudiciable à l’administration d’Obama qu’à celle de Medvedev.

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