Premier tronçon pour l’autoroute semi-publique

Les autorités ont donné leur accord pour la construction du premier tronçon de l’autoroute Moscou-Saint-Pétersbourg, à laquelle participe le groupe français Vinci.

Se rendre de Moscou à Saint-Pétersbourg par la route en moins de sept heures et sans risquer sa vie en zigzagant entre les poids lourds ne sera bientôt plus un fantasme. Les travaux vont commencer cette année et le premier tronçon de 43 kilomètres au départ du périphérique extérieur de Moscou va relier la capitale à la route de Saint-Petersbourg, longue de 650 kilomètres. Le chantier, dont le contrat a été signé le 26 avril dernier, devrait être achevé en trois ans. Le projet a été confié à la North West Concession Company, qui est en charge du reste du financement et compte sur l’aide de sa filiale mandataire, la société française Vinci, associée au groupe russe du développement de l’infrastructure N-Trans.

Le gouvernement affiche ainsi sa volonté d’adopter une stratégie concertée pour améliorer le climat d’investissement du pays, car il a négocié récemment une série de réformes pour soutenir les PPP. En même temps, ces réformes serviront de levier pour attirer les financements privés des infrastructures, notamment en faveur de nouvelles routes en Russie, un domaine négligé depuis une décennie.

Malgré les inquiétudes concernant l’impact du programme PPP sur le budget fédéral, la structure du financement témoigne de l’engagement des autorités. Il y a trois ans, l’énorme somme d’un trillion de dollars a été débloquée pour le réaménagement des infrastructures russes - principalement dans le domaine des transports. La crise a rapidement gelé cet effort, et les fonds de l’État ont été investis dans les aides sociales et les mesures indispensables pour maintenir l’économie à flot.

Cependant, la question des infrastructures demeure essentielle et ce n’est pas un hasard si les compagnies maritimes et les ports font l’objet d’une nouvelle vague de privatisations. Les travaux de construction des routes ont commencé activement l’année dernière, le gouvernement ayant débloqué 42 milliards de dollars à cet effet.

L’accord prévoit que les investisseurs privés prendront en charge la partie du projet pour laquelle ils possèdent déjà une expertise. Il s’agit de la recherche des partenaires occidentaux et du financement permettant d’établir des liens avec une compagnie nationale qui a l’habitude de travailler dans les conditions climatiques difficiles de la Russie. Le 28 avril, deux jours après la signature du contrat de concession, un projet financier similaire de modernisation et d’exploitation de l’aéroport de Pulkovo, près de Saint-Pétersbourg a été signé pour 1,2 milliards de dollars. Un autre contrat de 750 millions de dollars pour la construction d’une bretelle de contournement de la ville d’Odintsovo, dans la région de Moscou, sera conclu prochainement. Une note dissonante a quand même écorché ce concert de bonnes nouvelles. La BERD et la Banque européenne d’investissement, qui avaient conseillé le gouvernement dans son programme de PPP, se sont retirées de la concession suite aux plaintes des riverains de l’autoroute, dont le tracé passe en effet par une zone forestière protégée...

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