La Russie contemporaine : le regard des universitaires

TITRE : La Russie Contemporaine
ÉDITION : Fayard

Près de 30 chercheurs français travaillant actuellement sur la Russie se sont regroupés sous la direction de Gilles Favarel-Garrigues et Kathy Rousselet, pour livrer leur vision de l’évolution de la vie des Russes à l’époque contemporaine. L’ouvrage imposant a paru en avril à l’initiative de Sciences Po et du CERI (Centre d’études et de recherches internationales, unité mixte Sciences Po – CNRS).

La partie chronologique va de la mort de Staline en mars 1953 à l’implosion du système soviétique, puis présente la Perestroïka et ses suites jusqu’à la présidence Medvedev. Le récit événementiel se mêle à des « papiers d’angle », comme disent les journalistes, permettant des études thématiques inscrites dans leur contexte et placées dans une dynamique. Le parti-pris des auteurs est de livrer un maximum de faits autour de considérations sur le processus de « démocratisation » postsoviétique. Cette construction permet de développer des sujets comme la vie politique au cours des vingt dernières années, les réformes constitutionnelles et administratives, la guerre intérieure et extérieure…

Les questions stratégiques, et le retour d’une volonté de puissance sont traitées séparément, de même que la vie économique des années de la révolution libérale, au cours desquelles la dictature bien réelle du marché a pris la place d’une dictature bien théorique du prolétariat… Avec les conséquences sociales qui n’échappent pas à l’examen. L’ouvrage aborde les nouveaux modes de vie, les nouvelles couches sociales, le rôle très particulier et fascinant de Moscou qui siphonne à elle seule les trois quarts de la richesse du pays. La vie sportive et l’environnement ne sont pas oubliés, de même que la vie culturelle. La vie théâtrale, littéraire et musicale de ces dernières années est décrite d’une manière concise mais étonnamment complète. La question religieuse et les identités nationales au sein de la Fédération sont traitées, mais cette fois sans pouvoir prétendre à l’exhaustivité.

On peut regretter quelques impasses mais il n’est sans doute pas possible de parler de tout et le livre fait déjà plus de 500 pages…

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