Des numéros muets pour un humour spectaculaire (+Diaporama)

Le célébrissime cirque Nikouline de Moscou arrive en France pour présenter son spectacle DAVAÏ, dont la bouffonnerie des clowns Mikos constitue le clou.

Pas de nez rouge, pas de coups de pied aux fesses, sous le chapiteau du cirque Nikouline : les Mikos ne sont pas des clowns traditionnels. Leur univers burlesque transporte les spectateurs dans un monde sans parole, composé uniquement de gestes et d’expressions. Baptisés « les gentlemen de l’humour » au Festival du Cirque de Demain, les Mikos sont des bouffons qui tentent d’accepter le monde tel qu’il est et tel qu’il est perçu avec le regard de l’enfance qu’ils ont adopté. « Leur numéro est un apprentissage pour voir le monde autrement », explique Joëlle Berrebi, directrice de Balagan International.

Les artistes puisent leur inspiration dans l’observation des faits et gestes quotidiens… le banal - un caprice d’enfant, la démarche d’un vieillard - est récupéré puis poussé à son paroxysme jusqu’à l’absurde. Les Mikos, c’est « l’art du dynamitage systématique des situations les plus invraisemblablement anodines », résume Dominique Mauclair, fondateur du Festival mondial du Cirque de Demain.

Lorsque Nikolaï Bereza et Sergueï Davydov créent Les Mikos en 1991, ils sont rapidement rejoints par deux complices. Seul un des quatre clowns avait une formation artistique : les trois autres étaient ingénieurs !

Pourquoi Les Mikos ? Simplement parce que « leurs grand-mères étaient plus drôles que leurs grand-pères. Et les initiales de leurs prénoms permettent de composer ce nom ».

Depuis 1991, les rois de l’absurde ont sillonné la Russie, de Moscou à Vladivostok. Leurs spectacles se construisent et se renouvellent autour des deux personnages principaux : le premier est un esthète snob qui veut tout régenter, le second est un vieux clown sage, qui pardonne tout à tout le monde. Le troisième larron endosse un rôle différent et vient constamment s’interposer entre les deux rivaux pour que tout le monde s’entende.


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Tout au long du spectacle DAVAÏ, les clowns transmettent, à travers des thématiques universelles, la dimension culturelle russe : « Les clowns russes sont des porteurs d’âme qui véhiculent leurs traditions », explique Madonna Bouglione, qui a fait découvrir en France l’art du clown russe. « Leur particularité est qu’ils ne donnent jamais l’illusion, ils ne font pas semblant, ils ne miment pas : ils font les choses. C’est la grande spécificité des clowns russes », ajoute la grande dame du cirque.

Maxime Nikouline, directeur de la troupe, nourrissait depuis longtemps le désir de faire connaître le cirque russe en France. L’année croisée France-Russie l’a motivé. Créé pour un public européen, le spectacle DAVAÏ est une œuvre inédite qui allie la technique circassienne russe à la culture française, un mélange, explique Emilie Corbier, chargée de projet, entre « une forte tradition et un nouveau cirque épuré, des artistes au savoir-faire incroyable et d’autres qui tentent d’échapper aux contraintes techniques, la rencontre du monde des pleins et de celui des déliés ».

Tournée du cirque :

- à Bordeaux du 8 au 16 mai
- à Avignon du 22 mai au 2 juin
- à Paris le 12 juin (fête nationale russe sur les Champs de Mars)
- reprise de la tournée en septembre

Plus d’infos sur www.balagan-international.info



La petite histoire de Nikouline

C’est le plus ancien cirque en dur de Russie, fondé par le grand artiste Albert Salamonski le 20 octobre 1880. Nationalisé en 1919, le Cirque de Moscou (sous son ancien nom) devient le premier cirque d’État.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, ses spectacles se poursuivent sans interruption et tournent en dérision l’ombre noire du fascisme.

Au début des années 60, Youri Nikouline se rend célèbre dans son rôle de clown. En 1983, il est nommé producteur en chef du vieux Cirque de Moscou, dont la dernière représentation sous sa forme traditionnelle a lieu le 13 septembre 1985. Le bâtiment est ensuite détruit pour insalubrité (seule la façade est préservée). Youri Nikouline prend la direction de l’établissement et une ère nouvelle commence pour le cirque du Boulevard Tsvetnoï, avec une programmation rajeunie, plus innovante que jamais.

En 1998, la direction générale du cirque, qui bénéficie du soutien de la Ville de Moscou, passe aux mains de Maxime Nikouline, le fils du « père » de la version moderne.


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