Paris by night

Brassaï (Gyula Halász, 1899-1984) était tout à la fois peintre, sculpteur, écrivain, photographe et réalisateur, décoré de la Légion d'honneur et premier lauréat du Grand Prix national de la photographie. 90 photographies en noir et blanc du début des années 1930 sont exposées.

Brassaï portait son pseudonyme comme un étendard. Gyula Halász de son vrai nom, né en 1899 dans la petite ville roumaine de Brasso, ne rêvait que de la France, fasciné par sa langue et sa culture. De son premier voyage à Paris, il revient avec des images si intenses qu'il se promet d'y retourner pour étudier ; mais la Première guerre mondiale devait mettre à mal ce souhait.

Brassaï n'est revenu à Paris qu'en 1924. Il écrivait alors à ses parents qu'il se sentait en harmonie parfaite avec la ville et qu'il était convaincu que c’était là-bas que s'épanouiraient tous ses talents. A l'époque, il consacrait beaucoup de temps à l'apprentissage de la langue française, rédigeait des articles pour la presse et se faisait caricaturiste. A la tombée du jour, il rejoignait avec émerveillement la rive gauche et son monde d'artistes, intellectuels, aventuriers et femmes aux mœurs légères. De cette ambiance est née l'idée du projet « Paris de nuit ».

Les journaux étaient demandeurs de photographies pour accompagner les textes, et en 1929, Brassaï réalise ses premiers clichés. Il compose l'image crépusculaire de la ville nocturne, fait sortir de l'obscurité des portraits de prostituées et de voyous, transforme les classiques de l'architecture de Paris en scènes d'une beauté étrange aux silhouettes diffuses, sous une lumière éblouissante et devant une Seine embrumée.


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En 1932, les 64 photographies de l'album « Paris de nuit » sont prêtes. C'est une révélation, car jamais jusqu'alors un photographe n'avait eu l'audace d'inscrire le jeu de l'obscurité, de l'ombre, de la pénombre et, a contrario, des éclats de lumière, au cœur de son œuvre.

Cet album a rendu Brassaï célèbre, suscitant l'admiration de Salvador Dali et de Carmel Snow, rédacteur en chef de l'édition américaine du magazine de mode Harper's Bazaar, avec lequel Brassaï a collaboré pendant les trente années suivantes. A la même époque, il rencontre Pablo Picasso. Passionné par le jeu du dialogue avec le grand peintre, il photographie ses œuvres jusque dans les années 1960.

Henri Miller, qui l'avait surnommé l'« Œil de Paris », résumait ainsi son ami Brassaï : « Quelques heures passées avec lui, et on avait l'impression d'être entraîné dans un grand tamis qui aurait retenu un peu de tout ce qui contribue à exalter la vie ».

Le musée organise l'exposition en collaboration avec l'Ambassade de France en Russie,le Centre culturel français à Moscou et l'Alliance française d'Ekaterinbourg, dans le cadre de l'année croisée France-Russie.

Jusqu'au 25 mars.

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