2009 : l'optimisme des russes résiste à la vague de catastrophes

Deux tragédies, l’incendie dans le night-club Le Cheval boiteux et la catastrophe de la centrale Saïano-Chouchenskaïa, ont été reconnues par les Russes comme les évènements les plus marquants de l’année écoulée. La crise économique, quant à elle, n’est qu’en troisième position. 2009 est considérée par les sondés comme la plus difficile des douze dernières années, plus dure même que 1998, celle du défaut de paiements. Près de la moitié des habitants du pays ne s’en montrent pas moins optimistes, comptant sur des améliorations futures.

L’année 2009 s’ancrera dans la conscience des Russes comme celle des catastrophes. Crises et catastrophes occupent les cinq premières lignes de la liste des évènements majeurs de l’année, comme en témoignent les résultats du dernier sondage publiés jeudi dernier par le Centre Levada.
Dans cette liste, la première place revient à la récente tragédie du club Le Cheval boiteux de Perm.

L’incendie qui, selon les dernières informations, aura emporté 152 vies humaines, est reconnu comme l’évènement principal de l’année par 48% des interrogés. Le second évènement par ordre d’importance est l’accident de la centrale hydroélectrique Saïano-Chouchenskaïa (août 2009) qui aura fait 75 morts (45% des sondés). En troisième position, la crise économique et la chute de la production en Russie (39%). En quatrième, une autre tragédie aux victimes humaines : l'attentat du train Nevski-Express (32%).

L’épidémie de la grippe porcine partage la cinquième place avec le seul évènement radieux de l’année écoulée : l’élection du nouveau patriarche de l’Eglise orthodoxe russe, Kirill. Chacun de ces deux épisodes a été reconnu comme le plus important par 28% des interrogés.

Les trois premières places du classement des « personnalités de l’année » sont occupées par des présidents, dont deux russes et un américain.
Le deuxième président de la Fédération de Russie devenu premier ministre en mai 2008, Vladimir Poutine demeure, depuis trois ans déjà, en tête de liste : 37% des Russes (contre 40% il y a un an) l’ont appelé « l’homme de l’année ». Le nouveau leader russe Dmitri Medvedev se classe deuxième, renforçant légèrement ses positions au détriment de son prédécesseur (29% des sondés contre 27% en 2008). La troisième place, selon les participants aux sondages, appartient au président américain Barack Obama (7% des sympathisants).

Nous trouverons aussi parmi les dix « personnes de l’année » le ministre des Situations d’urgence Sergueï Choïgou (4%), deux leaders politiques : le communiste Guennadi Ziouganov et le libéral-démocrate Vladimir Jirinovski (3% chacun), le patriarche Kirill (2%), feu Michael Jackson (2%), le président biélorusse Alexandre Loukachenko (2%) et l’acteur Viatcheslav Tikhonov, récemment décédé (2%).

La majorité des interrogés (62%) sont convaincus que l’année 2009 a été plus difficile que la précédente. 11% seulement pensent le contraire.
Lors des sondages réalisés il y a un an, les Russes s’étaient montrés plus optimistes à l’égard de la situation économique dans le pays : pour moins de la moitié des sondés (46%), l’année 2008 était plus dure que la précédente, 38% la considéraient comme aussi difficile et 17% comme étant porteuse d’un soulagement.

Les réponses à la question de savoir comment ils pourraient évaluer l’année qui se termine montrent que les Russes se seraient accoutumés aux revers accompagnant la crise.

La part de ceux qualifiant de « mauvaise » et de « très mauvaise » l’année qui s’achève, n’a évolué que très peu par rapport aux chiffres de l’année précédente : 24% contre 21% en 2008, lorsque la crise allait prendre de l’ampleur. Il est tout aussi vrai qu’en 2007, l’année précédant la crise, il y avait beaucoup moins de pessimistes, 11% seulement.

Une faible majorité des Russes constatent dans le même temps que les deux années de la crise étaient pour eux-mêmes relativement heureuses. Les résultats de ce sondage montrent que la part de telles évaluations n’a presque pas changé, passant de 46% à 43%. L’année 2009 était mauvaise pour 37% des interrogés (contre 32% un an plus tôt.

L’étude du Centre Levada fait ressortir que les Russes considèrent la deuxième moitié de la dernière décennie comme la période la plus prospère de leur vie. Au total, 53% des interrogés indiquent comme les meilleures les années 2005-2009, en particulier la dernière année de « l’époque grasse », 2007 (13% des cas.

C’est 2009 qui, selon les Russes, aura été la plus dure des douze dernières années. La crise de 2009 devait même reléguer au second plan celle de 1998 marquée par le défaut de paiement général.

Les Russes n’ont pourtant pas perdu leur foi dans l’avenir. Quelque peu ébranlées il y a un an, les certitudes reviennent. Si, à la fin de 2008, 11% des sondés croyaient que l’année qui commençait n’apporterait que des ennuis, aujourd’hui, leur part s’est réduite à 4%, soit de 3 fois (pour atteindre la valeur la plus faible depuis 2003). Le nombre des personnes sincèrement convaincues que leur avenir serait radieux n’a progressé que très peu, passant de 6% à 9% : les Russes, pour la plupart, font preuve d’un optimisme prudent. 48% des interrogés (contre 43% des interrogés) espèrent que leurs affaires iront mieux.

Le sondage a été réalisé les 18–22 décembre 2009 par le Centre analytique Youri Levada (Centre Levada) sur la base d’un échantillon représentatif (1600 Russes de 127 agglomérations réparties entre 46 régions du pays). Le taux d’erreur statistique ne dépasse pas 3,4%.


Article traduit de gazeta.ru

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