Dans les petits papiers de Poutine

La presse française a accordé une place restreinte au bilan de la visite du premier ministre russe en France à cause bien sûr de l'attentat terroriste contre le train Nevsky Express, qui a provoqué la mort d'au moins 26 personnes. Libération focalise sur l'accord entre Renault et AvtoVAZ et titre « Renault tient tête à Poutine ». Le quotidien souligne que « le [constructeur] Français, propriétaire à 25% du constructeur de Lada, accorde finalement une aide a minima aux Russes ». Poutine avait menacé en octobre de diluer la part de Renault si ce dernier n'investissait pas davantage dans le groupe Russe. Mais Renault n'a pas cédé à la pression russe. « La venue de Vladimir Poutine n’y a rien changé. Elle devait être un point d’orgue (et final ?) au bras de fer qui oppose les Russes à Renault dans le sauvetage du constructeur Avtovaz, propriétaire de la marque Lada, aussi historique que décrépite."

Le Monde s'est contenté de remâcher deux dépêches sous le titre « François Fillon et Vladimir Poutine soulignent leur proximité de point de vue » listant au passage les principaux accords passés entre groupes Français et Russes. Dans la presse généraliste, c'est le Figaro qui accorde le plus de place au bilan du sommet Fillon-Poutine, soulignant que « Les groupes français misent sur le gaz russe ». Le quotidien conservateur évoque l'entrée d'EDF dans le projet de gazoduc South Stream, piloté par Gazprom. « GDF Suez n'a en revanche pas bouclé ses discussions pour son entrée dans l'autre tube de Gazprom destiné à contourner l'Ukraine, Nord Stream » note toutefois le Figaro.

Logiquement, la presse économique offre une large place à un sommet essentiellement placé sous le signe des accords commerciaux. La Tribune emploie un ton étonnamment enthousiaste avec un éditorial « Embrassons-nous, Vladimir » qu'on aurait du mal à imaginer dans la presse généraliste, sauf s'il s'agit d'une satire. Or, ici, l'offre est à prendre au premier degré. Sophie Gherardi regrette que Sarkozy n'ait pas daigné rencontré l'homme fort de Russie. Elle estime qu'il « faudrait le culot et l'esprit de transgression d'un Sarkozy pour lancer une telle idée comme un horizon possible, souhaitable même, d'ici quinze, vingt ans. Prônant le pragmatisme, Gherardi regrette que l'UE ne voit en la Russie qu'une « détestable autocratie cryptomafieuse ».

Plus neutres, les Echos parlent d'un « entrain russe » et listent la « moisson de contrats » par autant d'articles détaillés, soulignant que les accords énergétiques ne cachent pas « des avancées sur d'autres dossiers industriels ».

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