Les petites banques entre le marteau et l'enclume

Le gouvernement s'est précipité à la rescousse des grosses banques mais a abandonné les banques de second et de troisième plan à leur sort. Le ministre des finances Alexei Koudrine a déclaré récemment que près de 200 banques commerciales pourraient cesser leurs activités.
"La seconde vague de la crise [bancaire] est là, mais nous ne l'avons pas remarquée« dixit Pavel Teploukhine, directeur de Troika Dialog, la principale banque d'investissement russe.

Les particuliers n'ont rien perdu, grâce aux assurances, et le secteur réel n'en est pas bouleversé: l'emprunt reste aussi inabordable qu'avant, et les taux d'intérêt s'élèvent au-dessus de 20%. Selon Sergei Sobayan, premier ministre adjoint et secrétaire général du gouvernement, quelques 11,55 milliards d'euros ont été alloués du budget fédéral et des réserves de la Banque centrale pour affronter cette nouvelle vague.

La première vague de la crise bancaire en automne 2008 a couté au budget 69,3 millions d'euros. Elle a surtout touché les grandes banques, dont certaines ont été nationalisées.
A l'instar de leurs homologues américains et européens, le gouvernement russe s'est précipité à la rescousse du système financier, en injectant de l'argent dans les banques (surtout celles dans lequel le gouvernement a des parts). Ces efforts ont permis d'étouffer dans l'œuf une crise encore plus violente. Néanmoins, le flot d'argent n'a pas résolu le problème d'emprunts couteux, problème clé de l'économie russe pendant la crise.

Il allait de soi que les banques de second et de troisième plan seraient affectées aussi.

Le nombre décroissant de banques aura un impact négatif sur la qualité et le prix des services.

Selon les différentes agences de notations les emprunts impayés des entreprises atteindront 74 milliards d'euros vers la fin de l'année, soit 20% du portefeuille d'emprunt total et l'augmentation projetée des emprunts impayés peut atteindre 35-50% des portefeuilles.

Une solution possible serait la création d'une banque spéciale pour les mauvais emprunts. Les efforts anticrise pourraient renforcer la position des banques publiques dans le secteur bancaire, ce qui selon de nombreux experts serait le pire scénario possible.

En effet, les banques publiques et les banques détenues partiellement par l'État utilisent leurs ressources administratives et financières pour rivaliser avec leurs concurrentes plus petites pour les dépôts fiables et les clients prêteurs.

Le scénario moins violent selon lequel les petites banques seraient absorbées par leurs rivales plus grandes est plus vraisemblable. En attendant, c'est le bon moment pour les acteurs étranger d'entrer sur le marché banquier russe sans créer des banques à partir de zéro, ce qui est une entreprise compliquée et prend du temps.

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.