Un jour dans l’Histoire: naissance de l’artiste Praskovia Kovaleva-Jemtchougova

Portrait par Nikolaï Argounov

Portrait par Nikolaï Argounov

Domaine public
Cette cantatrice est née le 31 juillet 1768 dans la famille d’un paysan serf

Praskovia Kovaleva-Jemtchougova, comédienne et cantatrice de talent et femme exceptionnelle qui a conquis le cœur de l’un des hommes les plus riches du pays, le comte Nikolaï Cheremetiev, est née le 31 juillet 1768 dans la famille d’un paysan serf.

Portrait par Nikolaï Argounov  / Domaine public Portrait par Nikolaï Argounov / Domaine public

À l'âge de sept ans elle fut emmenée au domaine de Kouskovo, résidence des comtes Cheremetiev, pour y être placée sous la tutelle de la comtesse Martha Dolgoroukaïa. C’est là qu'on découvrit chez elle un talent pour la musique et qu'on la prépara à intégrer la troupe de serfs comédiens du comte Pierre Cheremetiev. Soprano lyrique et dramatique, elle y développa ses performances vocales, apprit à jouer du clavecin et de la harpe et à parler couramment le français et l’italien.

Elle fit ses débuts le 22 juin 1779 dans l’opéra comique L'Amitié à l'épreuve de André-Ernest-Modeste Grétry mis en scène à Kouskovo. Elle n’interpréta alors que le rôle de domestique. Un an plus tard, elle obtint le rôle de Belinda dans La Colonie d'Antonio Sacchini. Mais c’est la partition de Louise dans Le Déserteur de Pierre-Alexandre Monsigny qui la conduisit au succès en 1781. Depuis, les premiers rôles se succédèrent et l’impératrice Catherine II en personne apprécia les mérites de la jeune artiste.

Son immense talent conjugué à ses qualités personnelles réveillèrent de vrais sentiments dans l’âme d’un des plus riches hommes de Russie, le comte Nikolaï Cheremetiev. Lançant un défi aux assises de la haute noblesse de l’époque, il décida de l’épouser et s’adressa à l’empereur Paul Ier. Bien que ce dernier eut reconnu les talents exceptionnels de Praskovia, il ne donna pas son autorisation à cet hymen. 

Un mariage clandestin finit par être célébré en 1801. Ce n’est que deux ans plus tard, en 1803, après la naissance de leurs fils Dmitri, qu’il fut divulgué au public. Trois semaines après ses couches, Praskovia, alors âgée de 34 ans, quitta ce monde des suites d’une longue maladie.

Le comte obéit à la dernière volonté de son épouse de construire un établissement de charité qui deviendra avec le temps le célèbre Institut de soins d'urgence Sklifosovski.

« Je veux voir son ombre insaisissable, errant autour de la maison. Je m'approche, mais tout à coup cette ombre se dissipe, disparaît à jamais, me rendant à ma douleur ». Cette phrase de Nikolaï Cheremetiev a été gravée sur une plaque de marbre posée dans le parc où aimait se promener sa défunte épouse. 

Lire aussi :

Ces classiques qui ont fait la gloire du ballet russe

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.