Une rue parisienne portera le nom d’une émigrée russe

Mère Marie

Mère Marie

La rue Maria Skobtsova - émigrée russe, poétesse, femme de lettres et membre de la résistance française – a été inaugurée le 31 mars à Paris. Pendant l’occupation nazie, elle sauva des dizaines de personnes au risque de sa propre vie.

Photo d'archives Photo d'archives La rue Maria Skobtsova se trouve dans le 15e arrondissement, au croisement de la rue Lourmel. C’est là que se trouvaient l’auberge et la société Cause orthodoxe qui, dans les années de l’occupation, abrita de nombreuses personnes persécutées par la Gestapo. Mère Marie était membre de cette société. Née à Riga, émigrée après la guerre civile, elle fonda une auberge pour femmes seules à Paris et une maison de repos pour les patients atteints de tuberculose en rémission à Noisy-le-Grand. Elle s’occupait de tout ou presque : elle rangeait, cuisinait et achetait la nourriture. Elle prit le voile sous le nom de Marie (en l’honneur de Marie l'Égyptienne).

Quand les nazis lancèrent les arrestations massives de juifs, elle sauva quatre enfants juifs : elle les emmena dans une zone sure dans des bacs à ordures sous le couvert de la nuit. De nombreux juifs furent également sauvés grâce aux attestations fictives de baptême orthodoxe fournies par Mère Marie.

En 1943, Marie fut arrêtée par la Gestapo et envoyée au camp d’extermination de Ravensbrück. Elle y périt en sauvant la vie d’une autre prisonnière, mère d’un jeune enfant. Skobtsova revêtit son uniforme de camp et prit sa place dans la chambre à gaz. Cela arriva le 31 mars 1945, une semaine avant la libération du camp par les alliés.

En 2004, Mère Marie a été canonisée par le Patriarcat de Constantinople.

Désormais, son nom est immortalisé à Paris, où elle trouva refuge pendant les années d’exil et où son héroïsme reste dans les mémoires. 

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