Des artistes russes débarquent à la biennale Révélations de Paris

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Les œuvres de plusieurs artistes russes seront dévoilées par Le Banquet, exposition internationale des métiers d’art et de la création, ce manifeste artistique de la biennale Révélations qui se tiendra du 4 au 8 mai au Grand Palais à Paris. Des artistes russes seront présents pour la première fois à cette manifestation. Ils travaillent tous dans des genres différents et ont attiré l’attention des collectionneurs et des experts de musées non seulement en Russie, mais également à l’étranger. RBTH évoque les trois plus célèbres d’entre eux.

Olga Soldatova

« Nombreux sont ceux qui aiment les chiens et les chats. Moi, je suis fascinée par les avions et les étoiles », avoue Olga Soldatova, architecte, peintre et designer. Ce sujet sorti tout droit de son enfance soviétique ressort toujours au premier plan dans son œuvre.

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Olga se passionne pour les avions depuis qu’elle a huit ans : son oncle qui assemblait des avions dans une garnison militaire permettait souvent à la petite fille de grimper dans le cockpit. Depuis, ces « oiseaux d’acier » symbolisent l’harmonie de la forme aux yeux de l’artiste. L’amour des astres est né en même temps : en URSS, les écoliers de la primaire portaient une épinglette rouge avec un bas-relief de Lénine, «  un éclatant morceau de bonheur sur le triste uniforme », dira Olga plus tard. Cette épinglette deviendra entre ses mains une magnifique broche ornée tantôt de strass, tantôt de grains de verre.

Toutefois, l’art de la joaillerie – Olga Soldatova a réalisé de nombreux sacs à main et parures qui l’ont rendue célèbre en Russie et en Occident – n’est pas l’unique talent de l’artiste. Après s’être entraînée aux motifs en mosaïque en grains de verre et en strass sur des bijoux et des articles de maroquinerie, après avoir étudié à Ravenne et travaillé en Chine et à Paris, elle est devenue un grand spécialiste de la mosaïque. Elle réalise aujourd’hui dans cette technique non seulement des panneaux muraux pour appartements, mais également de grandes œuvres pour des aéroports. En s’inspirant, comme avant, des étoiles et des avions venus de son enfance, ainsi que de peintures que chacun peut admirer dans le métro de Moscou.

Denis Milovanov

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Il y a quelques années, l’ébéniste Denis Milovanov passait devant un parc de Moscou quand il vit des ouvriers scier de vieux chênes. Il eut l’idée de leur acheter plusieurs troncs qu’il transporta dans sa maison de campagne avant de réfléchir à ce qu’il pourrait en faire. Après un voyage dans le Nord de la Russie, il s’inspira d’anciens meubles de bois présentés dans les musées locaux. Il décida d’unir les vieilles techniques artisanales à une vision moderne des meubles en bois. Le résultat ne s’est pas fait attendre.

Aujourd’hui, Denis Milovanov figure sur la liste des meilleurs designers du monde selon le magazine français AD. Ses chaises, tables, paravents et fauteuils laconiques connaissent un grand succès auprès des amateurs de design moderne. Il a déjà coopéré avec l’architecte urbaniste Zaha Hadid et son bureau a construit une villa aux environs de Moscou pour un couple mythique mais aujourd’hui séparé, l’homme d’affaires russe Vladislav Doronine et le top model Naomi Campbell. Il réalise actuellement des meubles pour des appartements de Moscou d’après le projet du marchand d’art et antiquaire belge Axel Vervoordt.

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Dans son œuvre, Denis Milovanov reste toujours fidèle au chêne qui lui est livré depuis les régions montagneuses du Caucase russe. Il précise toujours que « ce sont des arbres morts ou endommagés par des catastrophes », sa création n’ayant pas de conséquences écologiques négatives. La beauté naturelle du bois ressort grâce à la finition : Denis travaille uniquement au ciseau et à la scie à moteur pour obtenir la bonne facture et un effet vintage. Ses œuvres sont « tirées » à douze exemplaires au maximum. Quant au prix, celui d’une chaise décolle à 2 500 euros.

Maria Kochenkova

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Maria Kochenkova est l’une des rares artistes modernes russes à travailler le verre. Ses œuvres étonnantes sont réalisées en cette matière fragile au point de jonction de l’art et du design. A en juger par la technique et la virtuosité de leur exécution, elles ne cèdent en rien à celles qui sont présentées dans le cadre du programme parallèle de la Biennale de Venise à l’exposition Glasstress, bien qu’elle les réalise non pas dans les célèbres ateliers de l’île de Murano, mais en Scandinavie.

Maria Kochenkova, 36 ans, est diplômée de la célèbre École Moukhine, officiellement l’Académie artistique et industrielle Chtiglitz de Saint-Pétersbourg. Elle a continué sa formation en Suède avant de déménager au Danemark où elle vit et travaille aujourd’hui. Elle a participé à de nombreuses expositions en Europe et en Asie et pris part aux foires PAD Paris ainsi qu’aux deux dernières Brafa à Bruxelles, prestigieuses foires d’art et d’antiquités, où ses sculptures de verre ont été présentées par la célèbre Clara Scremini Gallery de Paris.

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