La Russe Anna Starobinets remporte le Grand Prix du festival Utopiales

Anna Starobinets.

Anna Starobinets.

RIA Novosti/Alexeï Danichev
La jeune écrivain et journaliste Anna Starobinets, auteure de nouvelles anti-utopiques et d’histoires prophétiques, a remporté le Grand Prix du festival international de science-fiction Utopiales, qui se tient actuellement à Nantes, pour son livre "Le Vivant".

Anna a commencé à écrire quand elle était encore enfant – elle écrivait des contes qu’elle ne considère pas comme le début de sa carrière artistique et ne les mentionne qu’en passant. L’horreur entre dans sa vie en 2005 avec le livre de nouvelles Je suis la reine. C'est lui qui la rendra célèbre et lui vaudra la reconnaissance des critiques.

Anna explique ainsi son choix du genre littéraire : « Je n’ai pas spécialement choisi +l'horreur+, dans le sens où je ne me suis pas installée à un moment devant mon ordinateur dans la pose du Penseur de Rodin me demandant dans quel genre j’aillais écrire. L’horreur, le mysticisme, le thriller surnaturel, etc. m’ont juste intuitivement semblé une manière propice pour agencer pensées, sentiments, sensations et éventuellement peurs ».

Après la sortie de Je suis la reine, les critiques ont baptisé Starobinets « Stephen King ou Philip Dick russe ». Flattée par ces comparaisons, Starobinets reconnaît sa différence par rapport à ces grands noms de la littérature : « Je pense qu’un bon écrivain ne se réduit pas au genre dans lequel il travaille formellement. Et il ne se +réduit+ jamais à un autre écrivain. Donc je ne suis clairement pas King, ni Philip Dick, ni Gogol, ni les autres écrivains auxquels j’ai été comparée ».

L’horreur chez Starobinets s’exprime dans des genres très différents. La panoplie est plus vaste que chez Edgar Poe, Ray Bradbury et H.G. Wells : nouvelles de science-fiction, roman mystique (Refuge 3/9, inspiré partiellement par le folklore slave), roman-fantasy sur le thème d’anime russo-japonais (Première brigade. La Vérité, 2010) et roman futuriste anti-utopique (Le Vivant, 2011, nominé au prix littéraire prestigieux Bestseller national).

« Le Vivant est un exemple de stérilité de genre : c’est une anti-utopie classique, construite avec le sérieux de Zamiatine et le sarcasme d’Orwell,  gonflée de prémonitions sombres de l’auteur quant à l’avenir de l’humanité, qui exprime habilement tout le dégout suscité par le culte de la +sagesse de la foule+ », écrit le critique Lev Danilkine.

Dans l’histoire, après une catastrophe planétaire, un réseau mondial apparaît sur terre pour réunir tous les humains – il en reste exactement trois milliards – en un organisme unique, baptisé Le Vivant. Il est immortel et offre l’immortalité à tous ses membres à condition que leur nombre reste inchangé. Un jour, une personne de trop apparaît dans ce monde…

Les horreurs de Starobinets ont déjà été éprouvées par les lecteurs bulgares, polonais, italiens, suédois et espagnols. Refuge 3/9, Le Vivant et Je suis la reine ont été traduits en français. 

Lire aussi :

Amour et ceinture de kamikaze

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.