Dans les secrets du Grand cirque de Moscou

Valery Sharifulin / TASS
Le Grand cirque d’Etat de Moscou, aujourd’hui installé avenue Vernadsky (district administratif sud-ouest), c’est une salle de spectacle de 3 300 places et une troupe de 300 artistes qui font des tournées dans le monde entier. A l’occasion du 45e anniversaire du cirque, son directeur, le célèbre dresseur Edgar Zapachny, et la dresseuse de chats Olessia Ekk nous racontent les principaux secrets du cirque russe.

Les tours de force

A la question de savoir quel tour est le plus dangereux, les avis divergent. Lorsque l’artiste monte sur un tremplin et fait un saut périlleux, il vole à une grande altitude et le risque de tomber sur la tête est important. Le travail à cheval, notamment celui du jockey, est l’un des genres qui peuvent causer le plus de blessures.

« L’artiste vole vers le sol depuis une hauteur de trois mètres et, à ce moment-là, le cheval peut s’arrêter. Dans ce cas, il ne retombe plus sur son cheval, mais devant le cheval, et il ne retombe pas sur ses jambes, mais sur le dos. Donc, il aura sûrement une foulure et une blessure », explique Zapachny.

Dans ces numéros, il est important d’avoir un maître qui se place au centre du manège et empêche les chevaux de s’arrêter. Mais même lui ne peut entièrement contrôler tout le processus, car le cheval peut alors sauter sur le public.

Les funambules prennent eux aussi de gros risques. « Imaginez ce qui peut arriver si, lorsqu’une colonne de six personnes marche sur un fil à une très grande altitude, sans harnais de sécurité, il y a une panne d’électricité. Même si l’éclairage d’urgence se met en marche, pendant une seconde, les funambules sont désorientés ».

Le travail avec les prédateurs est également dangereux, surtout s’il s’agit d’un groupe mixte de prédateurs : tigres mélangés aux lions, ours ou panthères.

Mais il existe des genres relativement sûrs : illusionnistes, clowns. Pourtant, sûr ne signifie pas simple. « A vrai dire, je préfère monter sous la coupole qu’essayer de faire rire la salle », dit Zapachny.

Les manèges

Le cirque dispose de six manèges : un manège de répétition dans les coulisses et cinq manèges dans la salle de spectacle. Le premier et principal manège est réservé aux chevaux, le deuxième est un manège en bois utilisé pour les numéros d’illusionnistes, sur glace, dans l’eau et de variété. 

Cependant, le manège aquatique est à l’arrêt en ce moment : « Nous l’avons entièrement démonté, car les bacs qui contenaient 350 tonnes d’eau étaient pourris et menaçaient de s’effondrer sous le cirque ».

Crédit : Sergueï Savostyanov / TASSCrédit : Sergueï Savostyanov / TASS

Tigres affamés

Le tigre ne doit être ni rassasié ni affamé, comme un sportif. S’il est rassasié, il sera au ralenti, alors que s’il a faim, tout l’agacera et il ne pensera qu’à manger. Les tigres mangent une fois par jour et en grandes quantités – 10 à 12 kg de viande. Ainsi, avant les spectacles du soir, les tigres sont nourris à 9–10 heures du matin.

« Quand on répète avec de jeunes tigres, il faut les nourrir dans le manège même, car les réflexes pavloviens se développent à travers la nourriture. Comme pour les vrais hommes, le chemin passe par l’estomac », plaisante Zapachny.

Le solarium chevalin

En Russie, les cirques ne travaillent qu’avec des étalons. Si à l’écurie, les étalons sont mélangés aux juments, les premiers n’auront pas le cœur à l’ouvrage. Les chevaux retraités sont envoyés dans une ferme chevaline où ils peuvent procréer.

« Le cirque offre de très bonnes conditions aux chevaux – une écurie neuve, de grands enclos extérieurs et même un solarium, bénéfique pour les chevaux en hiver et après le travail au manège », raconte la dresseuse Olga Ekk.

Nourriture pour animaux

Crédit : Sergueï Savostyanov / TASSCrédit : Sergueï Savostyanov / TASS

Un dresseur sait ce que chacun de ses animaux préfère manger. « Certains ours du dresseur Alexandrov aiment le lait concentré, d’autres les biscuits », explique Zapachny. « Notre tigre Ditter ne mange pas de poulet  – uniquement parce qu’il est allergique, sinon il aimerait bien en manger. Alors que le tigre Elton refusait lui-même de manger du poulet, même quand il avait très faim ».

Contrairement à un mythe répandu, les singes préfèrent les tomates aux bananes.

Les chats

Les chats ne se prêtent pas au dressage. Chaque chat doit être surveillé depuis son enfance pour qu’on puisse détecter ses capacités. « On ne peut pas forcer un chat. On n’y arrive que par l’amitié. Pour mon numéro, je travaille avec 15 chats. Ils vivent dans une grande volière avec des balançoires, des jouets – les chats avec les chatons », raconte Ekk.

Le cirque ne fait pas d’élevage de chatons. Les chats mâles sont castrés. « Chaque chat a besoin d’au moins deux femelles, c’est sa fierté. Imaginez le nombre de chatons que nous aurions ! On n’aurait pas le temps de travailler  ».

Le Cornish Rex est la race de chats la plus douée pour les tours, mais ses représentants sont très capricieux. « Les chats persans sont paresseux. Les demi-sang sont les plus doués »

Article abrégé

Source : ITAR-TASS 

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