Quand le génie russe se révèle dans des rêves prémonitoires

Sergey Pyatakov / RIA Novosti
Grâce à ses rêves, James Watson reproduisit la structure de l’ADN, le Danois Niels Borh créa le modèle planétaire de la structure de l’atome et Elias Howe – la machine à coudre. RBTH revient sur sept grandes découvertes faites par des Russes pendant leur sommeil.

Source : Lori/Legion mediaSource : Lori/Legion media

Dmitri Mendeleïev

Le chimiste russe peinait depuis longtemps à disposer les éléments chimiques dans le bon ordre. Dans un rêve, le scientifique a vu un système périodique dans lequel tous les éléments chimiques étaient disposés par ordre croissant de leur poids atomique et non par ordre décroissant, comme il le pensait initialement.

Mendeleïev décrivait ainsi sa découverte aux journalistes importuns : « Dans mon rêve, je vois clairement un tableau dans lequel tous les éléments sont disposés comme il faut. Je me réveille, note cela sur un bout de papier, puis je me rendors. Je n’ai dû ensuite corriger le tableau qu’à un seul endroit ».

En 1869, Mendeleïev formule la version définitive de sa loi périodique des éléments chimiques.

Source : TASSSource : TASS

Alexandre Griboïedov

En 1820, lors d’un voyage en Perse, le diplomate russe Alexandre Griboïedov voit en rêve des fragments de son futur chef-d’œuvre de la dramaturgie russe Le Malheur d'avoir trop d'esprit. À son réveil, il envoya une lettre en Russie, dans laquelle il reproduisit de mémoire plusieurs scènes du premier acte.

Griboïedov décrivait ainsi l’idée de sa comédie : « Une jeune femme, loin d’être stupide elle-même, préfère un idiot à un homme intelligent. Ce dernier est, évidemment, en contradiction avec la société qui l’entoure… »

Le Malheur d'avoir trop d'esprit est publié pour la première fois à la mort de l’auteur en 1833. C’est l’un des textes les plus cités de la culture russe.

De nombreuses phrases de la pièce sont devenues proverbiales : « Les gens heureux ne comptent pas les heures », « Qui sont les juges? », etc. La comédie est traduite en 25 langues, dont l’anglais, l’allemand, le français et l’italien.

Source : Alexandre Makarov / RIA NovostiSource : Alexandre Makarov / RIA Novosti

Nikolaï Rimski-Korsakov

En 1880, le grand compositeur passa son premier été dans le village russe de Steliovo (région de Saint-Pétersbourg). Il y travailla sur l’opéra Snégourotchka qui connaîtra par la suite un grand succès sur les scènes de Paris, New York, Berlin et Rome.

« Même dans mon sommeil, les mélodies surgissaient dans mon inconscient », a ensuite écrit Rimski-Korsakov. Le compositeur reconnaissait qu’aucune œuvre ne lui vint aussi facilement et rapidement que Snégourotchka.

La première de l’opéra eut lieu à Saint-Pétersbourg en 1882, sur la scène du théâtre Mariinsky.

Source : Valentine Tcheredintsev / TASSSource : Valentine Tcheredintsev / TASS

Oleg Antonov

Le célèbre ingénieur aéronautique se rappelait sa difficulté à concevoir la forme de la queue de l’avion Antée : « Je réfléchissais, calculais, dessinais, mais ça ne marchait pas. Une nuit, dans mon sommeil, une queue d’avion d’une forme inhabituelle est apparue clairement devant moi. Je me suis réveillé, j’ai allumé la lumière, et j’ai esquissé cette construction étrange sur une feuille de papier, puis me suis recouché. Le matin, en regardant mon dessin, j’ai été frappé : comment n’avais-je pas trouvé ça avant ? »

En 1965, Antée fut présenté au Bourget comme « le plus grand avion du monde, capable d’accueillir 720 passagers ou transporter 80 tonnes de charge ».

Source : Sergueï Piatkov / RIA NovostiSource : Sergueï Piatkov / RIA Novosti

Alexandre Pouchkine

L’immense poète a avoué avoir composé ses meilleurs opus, Licinia et Le Prophète, dans son sommeil.

Selon une anecdote, née quand Pouchkine était encore en vie, le poète fut rejeté par les décembristes (aristocrates révolutionnaires qui se soulevèrent contre le tsar en décembre 1825) précisément parce qu’il écrivait dans son sommeil.

Les biographes du poète rappellent que, la veille de l’insurrection, Pouchkine rêva qu’il perdait cinq dents. Le matin suivant, cinq décembristes, amis du poète, furent exécutés.

Palais Mikhaïlovski. Source : Lori / Legion mediaPalais Mikhaïlovski. Source : Lori / Legion media

Carlo Rossi

L’architecte russe d’origine italienne Carlo Rossi conçut le palais Mikhaïlovski à Saint-Pétersbourg pour le fils de l’empereur Paul Ier, Mikhaïl. Selon la légende, Rossi vit le projet en rêve et le matin suivant, il savait précisément quelle forme devait prendre ce palais néo-classique.

L’architecte est considéré comme l’un des pères de l’Empire russe. Il est l’auteur de plusieurs autres bâtiments célèbres à Saint-Pétersbourg, dont le théâtre Alexandrinski et l’ensemble de la place du Palais avec son Quartier général.

En 1895, le palais Mikhaïlovski accueillit le Musée russe.

Source : Lori / Legion mediaSource : Lori / Legion media

Anton Tchékhov

Dans son livre Autour de Tchékhov, le frère cadet de l’écrivain Mikhaïl raconte cette anecdote : « À Melikhovo, les nerfs d’Anton Pavlovitch ont lâché à cause de la fatigue. Dès qu’il commençait à s’assoupir, il était « secoué ». Il se réveillait, horrifié, et une force étrange le faisait sursauter dans son lit ».

Un jour, Tchékhov fit un cauchemar sur un moine qui lui inspira sa célèbre nouvelle Le Moine noir. « L’effet était si fort que mon frère Anton m’a parlé du moine longtemps après, jusqu’à ce qu’il écrive enfin sa célèbre nouvelle », écrivait Mikhaïl Tchékhov. 

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.