La Russie aura son parc d’attraction géant

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Le premier parc d’attractions couvert au monde, Ile aux Rêves, devrait ouvrir ses portes à Moscou en 2018.

Depuis des générations, les Moscovites rêvent d’avoir leur propre Disneyland. L’ancien maire de la capitale Iouri Loujkov s’était engagé à en construire un, mais il n’a pas trouvé d’investisseurs. L’actuel maire Sergueï Sobianine a été plus chanceux – il est parvenu à convaincre le groupe Regions, l’un des principaux promoteurs russes, qui s’apprête à investir au minimum 1,5 milliard de dollars de fonds propres et d’emprunts souscrits dans l’Ile aux Rêves.

Les autorités ont officiellement annoncé que le parc verrait le jour sur une parcelle de près de 100 ha, située dans le lit majeur de Nagatino au sud de Moscou, et ouvrirait ses portes dès 2018. Les travaux préparatoires sont en cours et la construction devrait démarrer en mars.

Mickey a froid aux oreilles

Le climat a constitué le principal obstacle à la construction d’un parc Disneyland sous licence. À Moscou, un parc à ciel ouvert ne peut fonctionner que quatre mois dans l’année. Aussi, les autorités ont opté pour un projet de parc couvert (un bâtiment d’un seul bloc de 35 m de hauteur), capable d’accueillir le public toute l’année.

Le parc devrait attirer entre 4 et 6 millions de personnes par an. Les autorités et l’investisseur misent sur le tourisme national, mais espèrent que le parc incitera les touristes étrangers, qui ne passent que 3-4 jours en moyenne à Moscou, à s’attarder dans la capitale.

Bienvenue chez Tchebourachka 

L’aspect visuel de l’Ile aux Rêves rappelle le château de Cendrillon à Disneyland, mais les auteurs du projet assurent qu’il ne s’agit pas d’une imitation et que le projet est entièrement original. La conception architecturale du parc est assurée par la compagnie britannique Chapman Taylor, alors que l’aménagement paysager est confié à l’italien Land Milano.

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« Tous les châteaux présentent des similitudes, il est difficile d’échapper à ce genre de comparaisons », explique Amiran Moutsoïev, membre du conseil d’administration de Regions. « Mais à la différence de Disneyland, qui s’adresse aux enfants, l’Ile est destinée aux publics de tous âges. Notre parc mettra l’accent sur les personnages de contes et de dessins animés russes, tels que Tchebourachka et le crocodile Guena ».

Les personnages de films d’animation russes occuperont 60% de la surface du parc, l’espace restant reviendra aux personnages internationaux – la compagnie a signé des accords de licence avec trois grands studios, dont DreamWorks Animation, portant sur l’utilisation de leurs héros d’animation.  

Outre les personnages, les zones thématiques devraient également reproduire les décors de célèbres dessins animés. Ainsi, la zone des dinosaures proposera un climat doux de forêt tropicale, celle de la Reine des neiges arborera un ciel d’hiver et de la neige. Outre les pavillons thématiques, le parc accueillera près de 40 attractions, dont les « montagnes russes » avec un looping.

Par ailleurs, le territoire du parc comprendra une école de voile, une salle de concert, un hôtel trois étoiles de 410 chambres de la chaîne Accor, des boutiques et des restaurants. 

Moteur du développement urbain 

Pour Egor Kotov, directeur du centre d’urbanisme de l’École des hautes études en sciences économiques, le futur projet recèle toutefois certains points faibles.

« Le problème de ce parc est que, contrairement, par exemple, au parc Gorki [immense parc situé au centre de la capitale russe, ndlr], il n’avoisine et n’avoisinera pas les habitations. Concrètement, cela signifie que, dans 100% des cas, les visites se feront au moyen de transports personnels ou publics et le niveau d’accessibilité en transports de cette zone est relativement faible », souligne l’expert.

Cependant, cette lacune a récemment été partiellement compensée par l’ouverture de la nouvelle station de métro Technoparc. L’agencement du parc suscite quelques interrogations chez les collèges de Kotov au centre d’urbanisme. L’accès piéton au parc depuis le métro est actuellement bloqué par une importante artère routière et une station-service.

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Un parking devrait y être également aménagé. Toutes les zones de parking dans le projet sont marquées comme zones de loisirs. La partie du parc censée accueillir l’hôtel, la salle de concert et le parking adjacent est, dans les faits, exclue de la zone « verte » actuelle et est coupée du reste du parc par l’artère routière. Le parc thématique et son parking creusent un fossé dans la zone « verte » actuellement continue.

Toutefois, c’est l’intérêt économique du projet qui suscite le plus de questions chez les architectes et les urbanistes de la capitale.

« Les promoteurs perdent chaque jour de l’argent à cause de la chute du rouble, les revenus de la population sont en baisse et les autorités cherchent à combler par tous les moyens la fonte vertigineuse du budget municipal. Le temps des projets onéreux et ambitieux est révolu. Quel intérêt un nouveau grand projet pourrait-il avoir pour Moscou ? Deviendra-t-il un énième chantier qui n’en finit plus ? La réponse est loin d’être claire », nous indique une source proche du gouvernement de Moscou. 

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