Un musée consacré à Boris Eltsine ouvre ses portes à Ekaterinbourg

Une sculpture en bronze de Boris Eltsine dans le hall du musée.

Une sculpture en bronze de Boris Eltsine dans le hall du musée.

Tatiana Andreeva
Le musée du premier président russe, Boris Eltsine, qui retrace également l’histoire récente de Russie, a ouvert le 25 novembre. Cet espace qui reproduit le climat des années 1990 a été inauguré par le président en exercice Vladimir Poutine et l’épouse de Boris Eltsine, Naïna.

« L’activité du leader d’un pays – peu importe combien de temps il est resté au pouvoir –, c’est son temps. C’est une époque de l’histoire du pays, avec ses succès et ses erreurs. Le Centre présidentiel, non seulement celui de Boris Eltsine mais également des chefs d’Etat suivants, doit donner une réponse à n’importe quelle question de son époque. Il est évident que pour cela, nous aurons besoin d’une vérité absolue. Aucune enjolivure, rien qu’une vérité documentaire sur cette époque », a déclaré Naïna Eltsine à la cérémonie d’inauguration.

Cette vérité documentaire constitue la base du concept du nouveau musée. Mis en place par la loi de 2008 sur la protection du patrimoine historique des présidents de Russie, l’énorme complexe relate l’évolution du pays de 1991 à 1999 (années du pouvoir de Boris Eltsine).

Sept jours clés de l’histoire du pays

Le musée est divisé en sept espaces sous l’appellation Sept jours importants de l’histoire du pays. Chacune de ces « journées » retrace les temps forts de la Russie à la fin du XXe siècle : Dans l’attente de changements ; Putsch du mois d’août (la tentative d’août 1991 d’écarter du pouvoir le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev) ; Mesures impopulaires ; Naissance de la Constitution ; « Votant sinon perdant » (le célèbre slogan électoral de la deuxième campagne de Boris Eltsine) ; Marathon présidentiel ; Adieux au Kremlin.

« Ces espaces sont disposés de façon circulaire pour rappeler le symbole de l’histoire, la roue du temps. Cette structure a été proposée par le célèbre réalisateur russe Pavel Lounguine », a raconté Lioudmila Telen, adjointe au directeur exécutif du Centre Elstine.

A l’entrée de l’exposition, les visiteurs peuvent visionner un film sur les sources de la démocratie en Russie et sur son développement. Par la suite, ils étudient des documents, des photos et des vidéos relatant l’attitude des Russes envers l’histoire, ainsi que leur réaction à différents faits historiques.

Crédit photos : Tatiana Andreeva

Les archivistes qui ont rassemblé les documents du musée se sont heurtés à un sérieux problème : un grand nombre de vidéos importantes a été perdu. Cela étant, certaines vitrines du musée ont été laissées vides à dessein. Elles offrent à chacun la possibilité de faire part de ses objets datant de cette époque et de récits sur celle-ci.

Bien que l’accent soit mis sur la vérité documentaire, l’histoire personnelle du premier président russe a elle aussi sa place au musée. Ainsi, l’une des salles abrite le trolley qu’a pris le futur président alors qu’il était encore fonctionnaire au sein des autorités de Moscou. Les visiteurs peuvent visionner à l’intérieur du véhicule un film sur les activités de Boris Eltsine dans la capitale russe.

Exposition interactive

L’exposition a été réalisée par le concepteur de musées Ralph Appelbaum qui a construit il y a plusieurs années le Musée juif de Moscou. Tout comme ce dernier, le musée à Ekaterinbourg est interactif.

La salle consacrée au putsch de 1991 reproduit l’ambiance d’un appartement soviétique typique. Le téléphone sonne – et voici que l’on entend dans le combiné les témoignages de ceux qui ont vu des chars dans les rues de Moscou. La porte de l’appartement donne directement sur des barricades de tonneaux, de blocs de béton et de grilles, tandis que des images de documentaires sont projetées sur le mur.

Les murs de la salle évoquant la guerre en Tchétchénie sont criblés de balles. Un coup d’œil à travers les trous permet de regarder les photos de cette page tragique de l’histoire russe.

La dernière salle présente le bureau de Boris Eltsine apporté du Kremlin. C’est le bureau où il a fait ses adieux au peuple le 31 décembre 1999. Une vitre givrée, sa veste jetée sur une chaise, une table avec une tasse de thé et le stylo qui a servi à signer des résolutions. La lumière s’éteint et les visiteurs entendent le célèbre discours : « Je suis fatigué. Je m’en vais ». Le président demande de le pardonner et souhaite bonheur à tout un chacun.

Le musée dispose actuellement d’audioguides, pour l’instant seulement an anglais. Mais il en proposera prochainement en français, en espagnol et en allemand.

Adresse du musée : 3, rue Boris Eltsine. Ekaterinbourg. 

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