Le film d’animation russe La Reine des Neiges 2 sort sur les écrans

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Le premier dessin animé russe à avoir concouru aux Golden Globes poursuit sa tournée mondiale. Prochaines étapes – le Brésil, l’Allemagne, la Croatie, la Belgique et le Luxembourg.

L’histoire du diptyque La Reine des Neiges est unique et n’a pas de précédent dans l’histoire russe. Il suffit de rappeler que les deux films ne sont pas l’œuvre d’un des riches studios de Moscou, mais sont nés dans la ville lointaine de Voronej qui, avant la création du studio Wizart Animation, ne figurait même pas sur la carte des films d’animation russes.

Matriochka devenue reine

La société a été créée au sein d’un studio de développement et de localisation de produits multimédias et de logiciels. Se lancer dans les longs-métrages sans aucune expérience dans la production des films d’animation était une idée audacieuse, pour ne pas dire aventureuse.

Source : kinopoisk.ru

La bande-annonce de La Reine des Neiges est parue sur Internet en 2010 et a frappé par sa haute qualité, inhabituelle pour l’animation sur ordinateur russe. Pourtant, jusqu’au dernier moment, il semblait que le film était voué à rejoindre la longue liste des beaux projets jamais réalisés.

Cependant, le film est sorti sur les écrans de cinéma et a tenu les promesses énoncées dans la bande-annonce : les spectateurs russes ont apprécié le montage, la 3D, le scénario féerique touchant et les paysages à couper le souffle. Seules quelques incohérences dans le sujet ont suscité parfois la perplexité, mais cela s’explique par le fait que le scénario a été réécrit plusieurs fois, notamment au stade final de la production (par exemple, Gerda et Kai n’étaient pas initialement frère et sœur).

La réaction mondiale a été mitigée. Pendant que la Russie affichait sa fierté quant à l’ampleur du projet international, les critiques étrangers attribuaient le succès du film à sa sortie simultanée avec La Reine des Neiges (Frozen) de Disney. Les avis n’étaient pas nombreux et essentiellement négatifs. On écrivait que le film proposait « une animation brute et un sujet embrouillé » (Hollywood Reporter), que l’image était « mal faite, et les personnages guère plus expressifs que les matriochkas », ou, au mieux, que le film « n’était pas mauvais, simplement pas assez bon ».

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Toutefois, les critiques n’a pas modifié la situation générale : La Reine a rencontré un grand succès selon les standards russes, et la suite ne s’est pas fait attendre. Le producteur Iouri Moskvine explique que pour la création de la suite, l’équipe a pris en compte la réaction du public et des distributeurs suite à l’issue du premier volet : on a rajouté des blagues à double sens (qui ont permis au film de passer de la catégorie « enfants » à celle de « famille »), et le troll Orm, qui avait tant plu aux fans de la première partie, est devenu le personnage principal.

Victoire des trolls

Après la destruction du royaume des glaces, l’ancien homme de main de la Reine des Neige, le troll Orm, cherche à bâtir une vie paisible. Mais il n’y réussit pas : il n’est pas très travailleur, manque cruellement de chance et le travail honnête ne lui permet pas de subvenir à ses besoins et de s’occuper de sa vieille grand-mère.

Orm continue à ruser et à mentir – à des fins honorables, bien entendu. Pourtant, les forces du mal veillent : un mensonge, en apparence innocent, fait de nouveau peser une menace et Orm doit sauver tout le monde en se lançant dans la bataille la plus difficile que l’on puisse imaginer - une bataille contre soi-même.

Ce message merveilleux - la plus belle victoire est celle que l’homme remporte contre soi-même – permet de classer idéologiquement ce film aux côtés des Nouveaux Héros, Rebelle et Dragons. Il est dommage que le film ne soit globalement pas aussi bon que ces derniers.

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Les créateurs ont combiné la grande morale et l’humour à la Shrek et Madagascar, et le héros n’est pas du tout sympathique : il est difficile de lui compatir réellement, même dans les épreuves difficiles. Le mix est étrange : comme si DreamWorks avait créé un spin-off de Shrek sur l’Âne qui lutte contre son mauvais caractère.

Le film conserve de nombreux défauts de la première partie (animation inégale, caractères invraisemblables, sujet embrouillé) et perd sa principale qualité – son regard romantique sur le monde caractéristique des vieux contes.

Toutefois, les créateurs ne travaillaient pas pour la postérité. Ils voulaient créer un film entraînant, spectaculaire et dynamique et ils ont réussi. Le film recèle d’excellentes décorations, des escapades drôles et des images vives. Il n’est donc pas étonnant que La Reine des Neiges 2 : Re-congélation rencontre un succès international et soient devenu le premier film d’animation long-métrage russe à concourir aux Golden Globes. 

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