Festival Anima : le Top-6 des créateurs russes

Le 13 février à Bruxelles débutera le festival d'animation Anima 2015. Gros plan sur les créateurs russes qui participent au festival travaillent dans différents pays et utilisent des techniques variées d'animation.

Brut, Svetlana Filippova

Compétition internationale – Courts métrages, catégorie films professionnels


Source : L’école-studio Char

Svetlana Filippova, diplômée de « L’école-studio Char », créée par les piliers de l’animation russe Norstein, Khitrouk, Nazarov et Khrjanovski. Dans un entretien au portail festivalscope.com, Svetlana raconte que l'art de l'animation « est un moyen de visualiser librement la pensée poétique, de suivre une autre logique, sans renoncer à l'intrigue, mais en même temps sans être lié par elle ».

À la recherche d’idées poétiques pour sa dernière création, Svetlana s’est tournée vers l’œuvre de l’écrivain et journaliste tchèque Ludvík Aškenazy. C’est ainsi qu’est née l’histoire animée du chien Brut qui, en compagnie de sa maîtresse, traverse des temps difficiles dans le ghetto juif de Prague en plein milieu de la Seconde Guerre mondiale.

L’histoire du dévouement canin et de quelque chose de plus important encore a déjà été primé aux festivals d’Annecy, de Zagreb et de Cracovie, ainsi que le prix Alexander Tatarsky au festival panrusse d’animation de Souzdal.

Birder Dash, Max Litvinov

Compétition internationale – Courts métrages, Nuit animée 

Source : kclogg.tumblr.com

Birder Dash, un film vif, rythmique et tissé à partir de plusieurs lignes mobiles réalisé par Maxime Litvinov, conte la triste histoire d’un oiseleur trompé par des oiseaux rares. « Dans mes films, je mets l’accent non tant sur le contenu sémantique, le sujet ou les personnages, que sur l’esthétique, l’aspect extérieur et les mouvements en tant que tels », nous raconte Maxime.

Dans Birder Dash, son premier court-métrage, Maxime ne dévie pas de cette règle : d’après l’animateur, « le sujet sert de carcasse indispensable et suffisante, à laquelle je peux rattacher des oiseaux qui font des mouvements fantastiques hyper marrants, la jungle pulsative et un méchant fou avec des dents qui volent au vent ».

Maxime a cherché sa propre voie de création - le jeune artiste de Nijni Novgorod n’a pas de formation artistique ou en animation. Alors qu’il était encore ado, il a simplement commencé à dessiner sur Macromedia Flash, puis, des années plus tard, il est revenu à ce programme qui l’aide désormais à créer tous ses films.

Golden eggsAnna Shepilova

Compétition internationale – Courts métrages, Nuit animée

Source : Anna Shepilova / www.behance.net

Le conte populaire russe de Riaba, la poule qui pond des œufs incassables en métaux précieux, est revisité par Anna Shepilova, diplômée de l’Institut national de la cinématographie S. A. Guerassimov de Moscou. Sur fond de coupures de Pionerskaya Pravda, journal familier à chaque enfant soviétique, et d’inscriptions qui semblent tout droit sorties des affiches de Rodtchenko, Riaba, échappée du village, cherche sa place dans le nouveau monde en béton et en fer qui s’érige sous ses yeux.

Anna Shepilova traduit fidèlement l’ambiance industrielle sombre, pleine d’attributs traditionnels de la réalité soviétique – les pionniers, les concierges, « l’émigration blanche », les Cosaques et les signes du marteau et de la faucille.

Cinema Dehors, Tatiana Poliektova

Compétition internationale – Courts métrages, Nuit animée

L’œuvre coréalisée par l’artiste russe Tatiana Polietkova et le photographe italien Filippo Rivetti se place au croisement des styles et des cultures. Dans un monde imaginaire, au milieu des arbres moussus, sur les cimes grises des montagnes magistralement photographiées par Filippо, vont et viennent des personnages aux airs de patates, dessinés par Tatiana.

En mariant l’animation traditionnelle et la photographie ralentie de paysages naturels, les auteurs appellent à s’échapper de la « routine quotidienne » et à prêter attention à la vraie beauté du monde alentour, en plongeant dans le dessin animé. 

Cinema Dehors est l’un des rares films que Tatiana a réalisé sans son co-auteur permanent, sa sœur jumelle Olga Polietkova. Les sœurs artistes ont déjà été nominées et ont fait partie des jurys des principales plateformes d’animation au monde allant du Lucania International Film Festival au Kuala Lumpur Eco Film Festival (Malaisie), alors que leur réalisation commune Noise a été projetée au Festival de Cannes de 2012.

Le Vélo de l’éléphant, Olesya Shchukina 

Compétition internationale – Courts métrages, catégorie films pour jeune public

L’histoire de l’éléphant songeur et un peu distrait qui aime les balades en bicyclette est racontée par l’animatrice Olesya Shchukina. Olesya pratique le cut-out ou l’animation de papiers découpés : tous les personnages de son dessin animé sont littéralement séparés en plusieurs parties, l’artiste déplace chacune d’entre elles séparément. 

La liste officielle des participants comprend le nom de l’artiste avec la mention FR/BE, mais celle-ci ne doit pas troubler les spectateurs : l’élève diplômée de l’école française La Poudrière travaille pour le studio Folimage, mais elle est née et a grandi à Saint-Pétersbourg.

La Boîte à conserve, Tatiana Kiseleva

Compétition internationalle – Courts métrages, catégorie films pour jeune public

Source : L’école-studio Char

Le portfolio de l’artiste Tatiana Kisseleva comprend plus de 20 œuvres d’animation, dont la suite du dessin animé soviétique culte sur les aventures des musiciens de Brême, réalisé par le studio Kinomost. Anima 2015 vous propose également l’un de ses derniers courts-métrages, La Boîte à conserve, qui a déjà été présenté au festival international d’animation Krok.

Le film de Tatiana explique comment on peut croire aux miracles et profiter des petites choses. Car même la boîte de lait condensé oubliée sur la Lune par un cosmonaute soviétique peut tomber sur la Terre des années après pour y donner vie à des aventures extraordinaires.

Le programme et les informations pratiques : www.animafestival.be

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