Une récompense pour l'amour de la Russie

En raison de son amour pour la Russie et de sa volonté de démocratiser la haute couture, Cardin a été surnommé « le couturier rouge ». Crédit : Maria Tchobanov

En raison de son amour pour la Russie et de sa volonté de démocratiser la haute couture, Cardin a été surnommé « le couturier rouge ». Crédit : Maria Tchobanov

Le 24 juin, l'ambassadeur de Russie en France, Alexandre Orlov, a remis l'ordre de l'Amitié au couturier Pierre Cardin. Cardin a reçu cette récompense pour son importante contribution au renforcement de l'amitié et de la collaboration avec la Russie et au développement des relations culturelles et scientifiques entre les deux pays.

En lui remettant la récompense, l'ambassadeur russe a relevé qu'en Russie, Pierre Cardin était plus connu que le général de Gaulle.

« Je suis très ému. La Russie m'a attiré depuis longtemps par sa culture, sa politique, sa puissance, même si je n’étais pas communiste, mais capitaliste. C’était un moment merveilleux quand j’ai enfin découvert la Russie en 1963, j’ai appris à l’aimer et j’y ai trouvé beaucoup d’amis. J’ai entretenu l’amitié avec ce pays à travers l’art et pour moi c’est un grand honneur de recevoir une décoration qui est attribuée pour la promotion de l’art, du théâtre, du cinéma, qui sont merveilleux en Russie », a répondu Pierre Cardin.

Cette longue histoire d'amour a débuté en 1963, lorsque le styliste est venu pour la première fois à Moscou. Depuis, il va en Russie régulièrement et lie de solides relations en tant qu'entrepreneur et mécène. En raison de son amour pour la Russie et de sa volonté de démocratiser la haute couture, Cardin a été surnommé « le couturier rouge ». Il est venu à plusieurs reprises en URSS pour des défilés de mode, a assisté à l'arrêt du réacteur de Tchernobyl, et a confectionné des vêtements sur commande du ministère de l'industrie légère d'URSS. Il a également créé des costumes pour les représentations de la grande ballerine Maïa Plissetskaïa (Anna Karénine, Eaux printanières, La Mouette), que Cardin vénère et surnomme sa muse russe.

Au début des années 1980, après avoir assisté à l'opéra rock qui a fait beaucoup parler de lui « Junon et Avos » au théâtre du Lenkom, Pierre Cardin a été tellement impressionné et touché qu'il a organisé à ses frais une tournée en Europe de la troupe composée de 80 personnes. Il est même parvenu au plus fort de la guerre froide à envoyer le spectacle à New-York, où il est resté trois mois à l'affiche faisant salle comble.

En 1986, Pierre Cardin signe un contrat avec l'URSS pour la confection de vêtements de sa marque pour femmes, hommes et enfants. L'année suivante, il ouvre un show-room à Moscou. En Russie, plus de 30 usines travaillent pour son entreprise. En 1991, il lui vient une idée dont il reste fier jusqu'à présent : organiser sur la place Rouge un défilé de mode pour célébrer ses 40 ans d'activité. Sur la place, où jusque-là n'étaient organisées que des parades militaires, 200 000 spectateurs se sont réunis pour regarder les plus beaux mannequins qu'il a fait venir des quatre coins du globe.

Le théâtre russe a inspiré à Cardin d'autres projets. En 1998, à l'occasion du centenaire du théâtre d'art de Moscou, le couturier crée des modèles dans le style « femmes de Tchékhov ».

En 2011, Pierre Cardin fonde sa propre décoration « Pour la Russie avec amour » qu'il remet une fois par an aux hommes de l’art qui ont apporté leur contribution au renforcement d'une image positive
de la Russie, et récompense des personnes russes du monde de la culture.

Lorsque l'ambassadeur  lui a remis l'ordre dont l'envers est gravé de l'inscription « Paix et amitié », Pierre Cardin a conclu son récit en expliquant ce qui le lie à la Russie : « Ces relations ne sont pas politiques, ce sont des relations liées à l’admiration pour tous ces gens qui rapprochent nos deux pays ».

 

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