Les écrivains à succès témoignent de la dévastation et de la gloire de la Seconde guerre mondiale

Ivan Konev, chef du front ouest soviétique (à gauche) et les écrivains Mikhaïl Cholokhov, Alexandre Fadeïev et Eugène Petrov, en 1941. Crédit photo : RIA Novosti / Petrusov

Ivan Konev, chef du front ouest soviétique (à gauche) et les écrivains Mikhaïl Cholokhov, Alexandre Fadeïev et Eugène Petrov, en 1941. Crédit photo : RIA Novosti / Petrusov

La Seconde guerre mondiale est l'un des chapitres les plus tragiques dans la littérature du 20ème siècle. Beaucoup d'écrivains soviétiques ont combattu avec l'Armée rouge ou ont suivi les troupes des correspondants de guerre. Les histoires de ces écrivains ramenées des tranchées, mémoire ou fiction, inspirent le courage et la compassion. Beaucoup parlent au nom de ceux qui ne sont jamais revenus et partagent les souvenirs de ceux qui ont survécu. RBTH choisit pour vous 5 des livres les plus puissants, disponibles en français.

« Vie et destin »

Vassili Grossman 

Le roman Vie et destin a été écrit après que Vassili Grossman ait passé plus de 1000 jours sur le front, et est considéré dans le monde entier comme l'un des plus grands romans de guerre. Grossman a vivement observé et enregistré la tragédie d'un peuple vivant dans une société totalitaire et sur le front. Comme beaucoup de ses pairs, il n'a jamais vu son excellent travail publié.

L'indomptable saga, connue comme la Guerre et la Paix du XXème siècle (délibérément inspirée de l'opus de Léon Tolstoï) raconte l'histoire dramatique de la vie d'une famille pendant la grande bataille de StalingradVie et destin parvient à dresser un tableau épique de la vie soviétique. Certains des protagonistes sont basés sur des gens réels, dont Olga, la femme de Grossman, et l'auteur lui-même.

Le roman, considéré anti-soviétique, a été introduit clandestinement dans le pays. Il a été traduit par Alexis Berelovitch et Anne Coldefy-Faucard  et publié en français en 1980. En 1989, à la fin de perestroïka, Vie et destin a finalement été publié en russe, 25 ans après la mort de l'écrivain.

Grossman a vu la fin de la guerre, et a accompagné l'armée rouge en tant qu'envoyé spécial pour le journal L'étoile rouge. Pourtant, après l'interdiction de Vie et destin, les autorités soviétiques ont continué à bloquer son travail. Il est cependant devenu célèbre pour ses essais de guerre et ses rapports.


« La jeune garde »

Alexandre Fadeïev

La Jeune Garde, dont l'action se situe en Ukraine occupée en 1942, compte parmi les romans soviétiques les plus connus sur la guerre. Le roman de Fadeïev dépeint l'immense bataille d'environ 100 jeunes issus de la résistance soviétique underground contre les nazis dans la ville de Krasnodon.

Le livre captivant et héroïque, considéré comme historiquement exact mais néanmoins fiction, a été inclus dans le programme de littérature de l'école soviétique, à la condition que Fadeïev réécrive des passages de l'ouvrage pour satisfaire le Parti communiste de 1948.

« Le destin d'un homme »


Mikhaïl Cholokhov

Cette histoire passionnante commence avec un homme simple, un conducteur, qui a fait la guerre et s'est échappé d'un camp de prisonniers allemand. Il a survécu à ce qu'il pensait être le pire, pour finalement découvrir que toute sa famille avait été tuée. L'homme rencontre un orphelin et prétend en être le père.

L'auteur termine ce roman de la même manière qu'il le commence : avec espoir. Le destin d'un homme a été adapté au cinéma, et est devenu célèbre en tant que première réalisation de Sergueï Bondartchouk qui recevra plus tard un Academy Award pour Guerre et Paix. Cholokhov a reçu le prix Nobel en 1965 pour un des grands romans de 20ème siècle, Le don paisible.

 
« Un homme véritable »

Boris Polevoï

En 1943, Alexeï Maressiev, as soviétique, a passé presque un an en convalescence, après avoir été gravement blessé par les Nazis. Malgré tout, il désire continuer la lutte. Ses deux jambes ont été amputées au-dessous des genoux, mais cela n'a pas arrêté Maressiev dans l'exécution de combats aériens.

Beaucoup de journalistes ont visité son régiment pour rencontrer le héros. L'un d'entre eux était Boris Polevoï, auteur d'un livre, devenu un véritable symbole de littérature d'après-guerre soviétique.

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